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 Reality is a crutch for people who can't cope with drugs

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Autumn Wolf
Cherry ★ wild rose & red wine

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MessageSujet: Reality is a crutch for people who can't cope with drugs   Mer 22 Juin - 14:26

REALITY IS A CRUTCH FOR PEOPLE
WHO CAN'T COPE WITH DRUGS

La créativité. Il s’agit de l’obsession et de la malédiction que tous les artistes ont en commun. Quelque chose sans quoi je ne pourrais pas vivre. J’adore sentir l’inspiration pointer en moi. Ressentir l’envie soudaine de dessiner, de laisser ma main effleurer le papier et tracer des lignes et des ombres que mon esprit ne peut pas encore comprendre, jusqu’à ce qu’elles prennent un sens à mes yeux. Certaines personnes n’arrivent pas à concevoir qu’une idée ne se cherche pas, qu’elle vienne d’elle-même, qu’elle se construise seule. Parfois, nous ne sommes pas à même de l’interpréter avant que l’œuvre soit finit. Ca marche pour la musique, pour l’écriture, et aussi pour le dessin, art qui est le mien. Il n’y a pas de sentiment comparable à celui que j’éprouve lorsque l’imagination électrifie mon corps alors que je débute un nouveau projet. Pour moi, ça équivaut un peu à un shoot de la meilleure des drogues, directement dans mes veines.

C’est sans doute pour ça que j’étais euphorique en ce vendredi soir. Assise en tailleur dans mon canapé confortable, un bloc note entre mes mains, je griffonnais tout en chantant gaiment les paroles anarchistes de « Generation Wild, » dernier album du groupe de sleaze/punk Suédois Crashdïet qui tournait à fond dans mon lecteur. Je travaillais sur le sleeve d’une jeune femme qui était passée au salon de tatouage ce matin. Elle voulait représenter une sorte de combat entre le bien et le mal, entre la partie sombre d’elle-même et la partie joyeuse et naïve. Ces parties devaient être incarnées par des pinups, l’une sensuelle, belle et terrible tandis que l’autre devait se montrer douce et vulnérable. Le tout devait être féminin et comporter une rose, un oiseau en cage et d’autres éléments qu’elle avait trouvé sur internet et imprimé afin qu’ils me servent de guide dans l’effet qu’elle désirait. C’était inspiré et personnel, typiquement le genre de projets sur lesquels j’aimais travailler. J’étais tellement excitée par ses idées que je m’y étais mise directement en rentrant chez moi. Tout en dessinant ces femmes superbes, je ne pouvais m’empêcher de me demander la signification que ce tatouage avait à ses yeux, et avais hâte d’imprimer l’encre sous sa peau et l’écouter m’en parler. J’aimais la sensation de puiser dans l’imagination de mes clients pour imprimer sur leur corps ce qu’ils ressentaient au plus profond d’eux même. Je me disais que c’était peut être un peu ce que ressentaient les psychologues, sauf que je croyais ma thérapie beaucoup plus efficace et esthétique que la leur.

Au bout d’un moment – je ne sais pas trop combien de temps – j’entendis mon téléphone vibrer. Je lui jetai un coup d’œil et tendis la main vers la table basse où il était posé pour voir que je venais de recevoir un message de Riley, le batteur de DeathValley Superstar, qui était aussi un ami et un client. Mon cœur eut une sorte de pincement et je l’ouvris fébrilement : si Riley me laissait totalement indifférente, ce n’était pas le cas de son chanteur, Snake, et j’avais toujours cette sorte d’espoir idiot qu’il ne mentionne son nom ou m’invite à une soirée où ce dernier serait aussi présent. J’étais pathétique, et j’en avais douloureusement conscience. « Salut ma petite citrouille, t’as un créneau pour me tatouer la semaine prochaine ? » Un soupir s’échappa de mes lèvres et je ne savais pas si c’était par dépit ou par soulagement. Évidemment, j’avais toujours de la place pour les personnes que j’appréciais, je lui envoyai donc rapidement mes disponibilités. Au moment d’appuyer sur la touche « envoyer, » j’hésitais : devais-je lui proposer d’amener son pote avec lui ou est-ce que j’aurais l’air d’une pauvre groupie désespérée ? Je me mordis les lèvres et optai pour une simple question innocente : viendrait-il seul ? J’envoyai le message rapidement – histoire de ne pas pouvoir l’éditer et me couvrir de ridicule – puis jetai un coup d’œil à l’heure indiquée sur l’écran. Merde, il était déjà 21h ? Je relevai les yeux vers mon horloge murale, comme pour confirmer ce que je savais déjà : Aaron devait arriver d’une minute à l’autre pour la soirée film que nous avions prévu.

« Bordel de merde. »

Comme toute latina qui se respectait, j’avais prévu de préparer à manger pour le recevoir convenablement. Mais évidement je n’avais rien cuisiné pour le diner, absorbée comme j’étais par ce nouveau projet de tatouage. Rien à part un gâteau au chocolat qui était probablement en train de cramer. D’un bond, je me relevai et me précipitai vers la cuisine pour ouvrir le four. Une sorte de fumée en sortit mais l’odeur n’était pas nauséabonde et je repris espoir. Manquant de me brûler, je sortis précipitamment le plat pour observer les dégâts. Bon, c’était n’était pas aussi horrible que ce que je pensais. Une partie avait brûlé mais si je la coupais, on y verrait que du feu. J’entrepris de préparer plusieurs petites parts carrées pour les mettre dans un récipient. J’en pris une pour la goûter et un sourire machiavélique étira mes lèvres : c’était délicieux. Ma recette était toute particulière puisque j’avais fait bouillir des feuilles de cannabis dans le beurre qui avait servit d’ingrédient afin de récupérer leurs principes actifs. Il y avait une raison à cette petite manigance : la drogue ainsi ingérée faisait beaucoup plus effet que celle que l’on inhalait, et je comptais bien m’en servir pour mettre Aaron dans de bonnes dispositions. Je n'avais pas vraiment l'intention de le prévenir. Je sentais qu’il y avait un truc entre Lexie et lui, et je comptais bien savoir le fin mot de l’histoire, comme ni l’un ni l’autre ne semblait bon de me tenir au courant de l’affaire. Des coups frappés à la porte me firent sursauter et je manquai de faire tomber le plat, ce qui aurait été bien dommage.

« Entre, c’est ouvert ! »

Criais-je par-dessus la musique. Je pris mon plat dans les mains et me dirigeai vers le salon pour voir Aaron entrer. Un grand sourire sur mes lèvres, je m’approchai de lui et le saluai d’une accolade avant de lui présenter le plat.

« Hey! Ca me fait plaisir de te voir. C’est tout chaud du four, tu en veux une part ? »

Lui proposai-je. J’attendis qu’il se serve puis me dirigeai vers la table basse pour l’y déposer. Ensuite, je retournai vers la cuisine pour apporter deux verres et une bouteille de vin rouge, comme le voulait notre petite tradition lorsqu’on se faisait une soirée film. J’avais aussi de l’alcool fort en réserve mais je le gardais pour après, une fois que nous seront déjà venus à bout de celle là.

« J’ai totalement oublié de faire à bouffer donc je vais commander des pizzas, ça te va ? »

J’avais conscience d’être un peu speed et de ne pas lui laisser le temps de parler mais ça faisait partie de ma façon d’être. Surtout quand j’étais sobre. Sous drogue, je me calmais un peu en général, ce qui n’était pas plus mal. Enfin, sauf quand je prenais de la cocaïne, ça, ça m'excitait encore plus. Je coupai la musique puis m’emparai du téléphone et lui désignai d’un coup de tête le coin télé.

« T’as qu’à mettre le DVD en attendant. »

Je lui fis un clin d’œil et composai le numéro de téléphone de ma pizzeria locale, soit mes sauveurs. J’avais hâte de voir quel vieux film Aaron avait apporté, il était vraiment la seule personne avec qui je puisse avoir ce genre de trip.


Dernière édition par Autumn Wolf le Jeu 23 Juin - 10:20, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Reality is a crutch for people who can't cope with drugs   Mer 22 Juin - 15:00

Y a des jours comme ça ou on a envie de faire c'qu'on veux. Et la les gens tombent dans deux catégories: ceux qui répriment leurs pulsions pour leur raison, et ceux qui succombent. De manière générale, Aaron avait des obligations mais aujourd'hui on s'en fout! C'est comme ça; de temps en temps on est atteint par des illuminations venues d'on ne sait quel recoin de notre boîte crânienne. Seulement ces illuminations ont le don de survenir dans un moment inopportun mais comme je l'ai dit plus tôt, on s'en fout! Aaron quitta donc l'amphi de Philosophie pour aller faire ce qu'il voulait de sa journée. Il était 9h48 à ce moment-la.

Et c'est ainsi qu' Aaron s'est retrouvé dans sa Skylark sur l'énorme périph' de L.A. Il allait ou? Compton, ville de banlieue qui a vu naître le rap west-coast (Dr.Dre, Eazy-E, Ice Cube et plus récemment The Game). Alors évidemment histoire de s'mettre dans l'ambiance il avait "Check Yo Self" d'Ice Cube à fond avec ses Ray Ban Aviator sur le nez. Le volant dans une main, un pétard dans l'autre. Compton n'était qu'une étape, fallait juste qu'il voie un dealer qu'il avait rencontré lors d'une soirée en ville et puis hop! Direction Long Beach, histoire de changer d'air, de s'isoler un peu pour réfléchir. Faut dire qu'en ce moment il avait de quoi penser.

C'est vrai quoi! Qu'est-ce qui lui prenait à Lexie? Et à lui-même? Il se prenait souvent la tête, mais jamais à propos des femmes... Y avait du changement, et Aaron il aime pas trop le changement. Puis même, à côté d'Elixir y avait Sarah et elle aussi... Enfin bref! "Putain il m'en faut un autre!" et paf! Aaron roulait un autre spliff dans sa voiture. La journée se déroula ainsi. Bon il n'était pas fumé complet, il sait s'arrêter mais il avait besoin de se détendre, de penser à autre chose ou plutôt non, de penser à rien tout simplement. Il voulait juste passer un bon moment avant d'aller voir... "Mais au fait quelle heure il est?" 20h33 mon grand tu va être en retard. "Ouh putain merde!".
Il fit hennir les 180 chevaux de sa pony car et partit en trombe, ne laissant pour seule empreinte de son passage qu'une immense trace de brûlure de pneus sur le bitume.

Quelques minutes et une dizaine d'infractions au code de la route plus tard (limitation de vitesse, priorité, dépassement par la droite, stop grillé bref la totale) , il était devant la porte de Cherry en train d'enlever ses lunettes pour les caler dans le col de son polo. Il n'avait pas besoin d'ouvrir la porte pour entendre la musique derrière et cela le fit sourire. Cherry avait des goûts bien prononcés, ce qui ne l'empêchait pas d'écouter tout ce qui avait un fond de musicalité, elle semblait s'intéresser a l'art sous toutes ses formes ce qui tombait bien car après tout lui aussi. Il parvint à entendre Cherry et entra. Il avait fait deux pas dans le salon qu'elle se montra et lui fit une accolade pour le saluer. Il était toujours un peu raide dans ces cas-la. Faut pas s'y fier, Aaron n'est juste pas vraiment du genre tactile. Il touche les gens avec les mots, c'est plus difficile mais souvent payant.

« Hey! Ca me fait plaisir de te voir. C’est tout chaud du four, tu en veux une part ? » Il regarda le gâteau avec suspicion au départ mais le chocolat eu raison de lui. Il prit une part, puis une deuxième après une légère hésitation parce qu'il n'avait fait qu'une bouchée de la première part. Il s'installa dans le salon pendant que Cherry partait à la cuisine.

« J’ai totalement oublié de faire à bouffer donc je vais commander des pizzas, ça te va ? » Parfait! Aaron aime les pizzas tant qu'il n'y a pas d'anchois donc ca laisse un choix plutôt vaste quand on sait qu'aujourd'hui on peut faire des pizzas avec tout et n'importe quoi. Il profita que Cherry prenne le téléphone pour répondre:

_C'est parfait pour moi. Te casses pas la tête pour les pizzas, les classiques sont souvent les meilleures.

« T’as qu’à mettre le DVD en attendant. » "Tiens j'me disais aussi que j'avais oublié un truc..." Sur le coup il se sentit con, mais con! Il se serait bien foutu une gifle mais il avait pris l'habitude de ne pas faire ce genre de truc en présence des gens, au cas ou ils douteraient de son équilibre mental. Il s'infligea donc une gifle mentalement. Ce qui fût salvateur d'ailleurs. Il se précipita vers sa voiture en se bénissant d'avoir anticipé la soirée la veille. Le temps de sortir un "_J'reviens!" et il était dehors en train de fouiller la boîte a gants de sa voiture. Aaron revint finalement avec un dvd entre les mains. Cherry était au téléphone, aussi il enleva le dvd et posa la jaquette à côté d'elle. Le film? "Psychose"d'Hitchcock. Un de ses principaux chefs d'oeuvre.

Laissant Cherry commander les pizzas il se dirigea vers le lecteur dvd et y mit le disque. Il alluma la télé et remarqua la bouteille de vin rouge, ainsi que le gâteau. Boh allez une ptite part de plus, nan? Le gâteau le fit d'ailleurs réfléchir. Elle avait oublié de faire à manger, soit. Cependant elle avait pensé à faire un gâteau et un sacré bon gâteau... C'était suspect mais vraiment désagréable, qui s'en plaindrait? Cependant il garda ça dans un coin de sa tête.

Il attendit que Cherry revienne et pour lui dire:

_Un bon vieux thriller comme seul Hitchcock savait les faire, ca te va?
... Et sinon toi comment tu te portes?


Ca ne lui viendrait jamais à l'esprit de lui dire -il considère ça comme une évidence- mais les ptites soirées téloche avec Cherry lui faisaient beaucoup de bien, ça lui permettait... De s'évader de ses préoccupations. Le problèmes des préoccupations c'est que c'est comme le naturel: chassez-les et elles reviennent au galop.
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Autumn Wolf
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MessageSujet: Re: Reality is a crutch for people who can't cope with drugs   Mer 22 Juin - 15:36

Ma pizzeria décrocha dès la première sonnerie et je commandais deux pizzas simples mais délicieuses, suivant les conseils d’Aaron. J’aimais particulièrement quand elles étaient couvertes de fromage, même si je savais que ce n’était pas bon pour ma ligne. Tant que je rentrais encore dans mes pantalons en cuir, il n’y avait pas de quoi paniquer. C’était le genre de choses que je me disais avant de manger gras ou trop sucré : j’étais une véritable gourmande toujours légèrement au dessus de mon poids idéal. Je ne comprenais pas comment faisaient les autres filles pour ne vivre qu’avec de la salade. Je donnai mon adresse au type qui se chargeait de ma commande puis raccrochai en me disant que j’aurais du mal à tenir les 20 minutes qu’il lui faudrait pour me les apporter. L’odeur de mon gâteau m’avait donné faim. Un sourire aux lèvres, je revins vers Aaron qui s’était chargé du DVD. Il m’annonça qu’il s’agissait d’un vieux thriller d’Hitchcock.

« C’est absolument parfait, j’adore ce mec, c’est un pur génie du suspens ! »

Répondis-je sincèrement. Comme j’étais une grande fan du genre, je l’avais probablement déjà vu mais peu m’importait car cela remontait à bien longtemps, probablement à l’époque où j’allais au lycée de Los Angeles, période de ma vie où je n’avais qu’à étudier pour rattraper mon retard et espérer être intégrée dans une Université pas trop regardante de mon cursus pour le moins particulier. Ensuite, entre la fac à New York, mon ex complètement taré et mon boulot dans un tattoo-shop qui me permettait à peine de joindre les deux bouts, je n’avais pas eut une minute à moi. Maintenant que j’étais de retour à Los Angeles, je réalisais que la seule chose qui m’avait permis de supporter cette période de ma vie était les drogues que je prenais quotidiennement et qui me laissaient dans un brouillard salvateur. J’avais pris la bonne décision en coupant tous les ponts avec cette vie là et en débarquant chez Lexie un soir de décembre. J’étais persuadée que je n’aurais pas tenu une semaine de plus à New York. De nouveau à LA j’avais arrêté les drogues dures et nettement diminué ma consommation d’alcool. Je voulais à nouveau avoir l’impression de prendre ma vie entre mes mains, et surtout je devais être sobre pour être une bonne tatoueuse. Quand on imprime de l’encre sous la peau d’une personne, on n’a pas le droit à l’erreur, et la moindre rature est absolument impardonnable. Je n’avais gardé que l’herbe à fumer qui m’apportait le calme intérieur dont j’avais souvent besoin. Enfin, je devais admettre que j'avais replongé une ou deux fois en soirée mais c'était "pour la bonne cause". Un sourire aux lèvres, je pris une nouvelle bouchée de mon gâteau au chocolat et m’installai dans mon canapé, mes jambes repliées sur le côté.

« Ca va super bien. » Répondis-je sincèrement lorsqu’Aaron me posa la question. « Ma clientèle commence à devenir plus importante par le bouche à oreille, surtout sur la scène rock. Tu sais comment ça marche, tu tatoues un type charismatique qui joue dans un groupe et t'as une dizaine de gamins qui débarquent pour avoir un truc similaire. »

Je laissai échapper un rire presque attendrit. On avait tous fait partie de ces gosses un jour ou l’autre, moi la première. J’avais sur le bras une rose noire, un peu comme celle que portait Nikki Sixx, le bassiste de Mötley Crüe et un type que j’admirais. C’était un de mes premiers tatouages, et je l’aurais volontiers fait son tatoueur s’il n’était pas totalement hors de prix.

« Enfin, je me sens de nouveau chez moi à Los Angeles et ça fait vraiment du bien. Oh, et j’ai rencontré quelqu’un, aussi. »

Ajoutais-je avec une pointe d’excitation et un battement de cils avant de me souvenir que je m’éloignais du but de cette soirée. Le problème, c’est que j’étais une sacrée bavarde et il fallait que je me régule pour laisser à Aaron l’occasion de pouvoir en placer une. D’autant que j’étais vraiment curieuse de savoir ce qui se tramait entre lui et Lexie parce qu’à la base, je pensais qu’ils ne s’appréciaient pas beaucoup.

« Mais assez parlé de moi, je te sers un verre ? »

Coupai-je rapidement, de façon à ce qu’il n’ait pas le temps de me poser une question sur cette fameuse rencontre même si l'envie lui prenait. Un sourire sur mes lèvres, je me redressai et m’emparai de la bouteille pour remplir le verre qui se trouvait devant lui. J’avais toujours eut cette sorte de fascination malsaine pour le vin rouge et sa couleur proche du sang : je trouvais ça magnifique. Je pris mon verre entre mes mains et attendit qu’Aaron en fasse de même pour trinquer.

« A nos soirées-film. »

Dis-je avec un sourire avant de prendre une longue gorgée. Le goût si particulier de l’alcool se répandit dans mon palais et dans ma gorge, m’apportant une vague de bien-être comme à chaque fois. J’en humais les vapeurs avant de reposer mon verre et me renfonçait sur mon canapé avant de relever les yeux vers Aaron.

« Alors, racontes moi : qu’est ce que tu deviens ces derniers temps ? »

Lançai-je sur un ton naturel. C’était une question assez ouverte pour qu’il puisse délirer dessus et j’espérais sincèrement qu’il allait sauter sur l’occasion pour aborder le sujet qui me tenait à cœur : sa vie sentimentale. Mais connaissant le spécimen, il choisirait probablement de me parler de sa fac, sujet qui m’intéressait aussi mais pas autant que l’autre. Dans tous les cas, j’avais un plan infaillible pour délier sa langue, et peu m’importait si je devais y passer la soirée !

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MessageSujet: Re: Reality is a crutch for people who can't cope with drugs   Mer 22 Juin - 21:26

On a beau dire, mais parfois rien ne vaut un bon vieux cliché du style: "si tu regardes un thriller américain en noir et blanc alors c'est du Hitchcock" car les clichés exagèrent mais soulignent aussi ce qui est incontournable car c'est un fait, Hitchcock est un des cinéastes incontournables pour quiconque veut se cultiver dans le genre. Et "Psychose" est l'un des grands classique de ce maître du suspens. Et puis le titre annonce la couleur non? Aaron était un grand fan à une lointaine époque. Déjà tout jeune il préférait regarder "The Man Who Knew Too Much" (L'homme qui en savait trop), plutôt que Star Trek ou Friends, chose déjà plutôt étonnante chez l'ado américain moyen. Puis il s'est diversifié, a changé ses classiques qui allèrent du "Parrain" à "Mafia Blues", tout en passant par "Easy Rider", "La Vie Est Belle" ou même "How High" et "The Big Lebowski", avec Cherry il procédait à un retour aux sources qui donnait encore plus de saveurs à leurs soirées régulières.

« Ca va super bien. Ma clientèle commence à devenir plus importante par le bouche à oreille, surtout sur la scène rock. Tu sais comment ça marche, tu tatoues un type charismatique qui joue dans un groupe et t'as une dizaine de gamins qui débarquent pour avoir un truc similaire. »
Aaron eut un sourire réflexe. Il connaissait en effet le principe; il l'avait lui-même vécu. Il se souvenait de ce jour maudit du 13 janvier 1999 ou Amy avait déboulé dans sa chambre en lui annonçant d'un air de funérailles: "C'est fini Aaron. Michael Jordan... Michael Jordan a annoncé qu'il prenait sa retraite." Le choc! Le coeur fendu il s'était précipité dans le premier magasin, avait acheté le mythique maillot rouge des Bulls floqué du légendaire numéro 23. Le sportif le plus célèbre et le plus adulé de la planète avait raccroché, alors en hommage, Aaron avait fait accrocher son maillot encadré dans sa chambre. Il ne l'a porté qu'une seule fois en jouant tout seul dans le gymnase du lycée pendant la nuit, juste histoire de fantasmer une heure ou deux, de se sentir comme l'homme qu'on admire depuis qu'on a regardé pour la première fois un de ses matchs a la télé. Il n'a porté ce maillot qu'une fois, et il ne le reportera plus jamais. Histoire d'entretenir le mythe.

Il fut tiré de ses rêveries par Cherry qui parlait: « Enfin, je me sens de nouveau chez moi à Los Angeles et ça fait vraiment du bien. Oh, et j’ai rencontré quelqu’un, aussi. » Le regard d'Aaron pétilla et un sourire illumina son visage l'espace d'une seconde. Il voulut en savoir plus mais sa tatoueuse ne lui en laissa pas le temps, reportant aussitôt la conversation sur lui. "Moâââ?!" Oui toi! Banane! "Mais euh!" Enfin bref, pendant que se déroulait ce dialogue interne de haute-volée dans sa conscience, Cherry lui servit un verre et ils trinquèrent aussitôt. « A nos soirées-film. »

_Et à Alfred sans qui il n'y aurait pas d'film! Et à nous sans qui il n'y aurait personne pour les regarder.

Il bût une gorgée. Le vin rouge chez Aaron ca va ça passe. Un jour son oncle fraîchement revenu de Bordeaux ("_une ville de France ou ils font du vin" avait dit son oncle. "_Parce que y a des coins en France ou ils font pas d'vin?" avait répondu Aaron en riant) avait ramené une bouteille qui avait apparemment de la valeur. Déjà le bouteille était fermée par un bouchon de liège, chose saugrenue selon Aaron au début mais il en comprit bien vite l'intérêt lors du "Pop" qui suivit l'ouverture de la bouteille et l'odeur suave qui s'en échappa. Bref encore une digression personnelle hem! Aaron préfère le whiskey malgré tout; brittanique! Le must! Ou même canadien, le Glenfiddich est un délice... Re-hem!

« Alors, racontes moi : qu’est ce que tu deviens ces derniers temps ? » Question totalement anodine posée d'un air anodin. Seulement il commençait à la connaître la donzelle. Ainsi, il répondit innocemment mais avec une réelle satisfaction sur son visage:

_Et bien tu m'connais j'suis un peu fêtard... Si un peu! D'ailleurs samedi soir dernier j'suis retourné au Viper, ça faisait longtemps... Et ben j'sais pas s'il m'a vraimant manqué! Enfin bref! Les bourses étant limitées et vu que je ne deale plus. Oui j'ai arrêté, ma soeur aurait fini par le découvrir et m'aurait tué. Et bien j'ai trouvé un boulot. Je suis maintenant assistant bibliothécaire à la fac.

La perche sur la soirée n'avait finalement pas abouti. Aaron ne livre rien aisément c'est connu. Le dvd dans le lecteur, menu à l'écran mais en sourdine. Il mit la main dans sa poche, en sortit un pochon d'herbe et ouvrit la jaquette du dvd. Pourquoi donc? Parce qu'il y avait mit ses feuilles. Aaron sortit tout le matériel nécessaire à ses "travaux pratiques" et commença sa besogne tout en parlant, car oui, Aaron LeGrand, bien que n'étant pas une femme, parvient a faire deux choses en même temps.

_Et toi, dis-m'en plus sur le "quelqu'un" que tu as rencontré! Pour ce qui est de sentir chez soi à L.A on s'habitue vite, même moi alors y avait aucune raison que tu t'y plaises pas! Au fait il est ou ton gâteau? Non parce que franchement il est super bon j'aime trop! T'as pas mis que du chocolat dedans, y autre chose... Mais j'sais pas quoi... Enfin pas encore!
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Autumn Wolf
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MessageSujet: Re: Reality is a crutch for people who can't cope with drugs   Jeu 23 Juin - 11:15

Comme il fallait s’y attendre, Aaron répondit à ma question en éludant soigneusement tout ce qui pouvait toucher de près ou de loin à sa vie sentimentale. Un sourire aux lèvres, je levai légèrement les yeux au ciel : celui-ci, je ne le changerai pas de ci-tôt. Avec un peu de chance, mon gâteau surprise s’en chargerait à ma place. Je ne pus m’empêcher de laisser échapper un rire quand il m’avoua qu’il avait dû arrêter de dealer à cause de sa sœur. J’oubliais toujours qu’il vivait avec elle. Puis il m’apprit qu’il avait maintenant un job à la bibliothèque de sa fac et mon rire redoubla.

« Assistant bibliothécaire… Attention on ne rigole plus, ça en jette sur un CV ça ! »

Le taquinais-je affectueusement. En fait, j’étais contente qu’il ait trouvé un moyen légal et bien vu par la société de gagner son argent. A force de le côtoyer, je commençais à bien connaître Aaron et je savais qu’un "vrai job" avec des "gens normaux" ne risquait pas de corrompre son esprit libre que j’aimais tant. Il ne me semblait pas être le genre de type influençable qui serait prêt à vendre son âme pour se faire accepter par les autres. C’était un type intelligent, qui réfléchissait et savait se créer sa propre opinion sur les choses, et c’était un trait de caractère que je lui admirais. Un sourire aux lèvres, je le regardais sortir le matériel nécessaire pour nous rouler un superbe joint. Le pauvre. S’il savait la quantité d’herbe qu’il venait d’ingurgiter à son insu… Moi, je n’avais malheureusement aucune notion des limites quand il s’agissait de substances illicites, alors ce n’était pas un peu plus d’herbe qui allait m’effrayer. Tout en se mettant au travail, Aaron ramena la conversation sur moi et le type que j’avais rencontré, prouvant qu’il était décidément un as pour faire parler les autres à sa place.

« Je serais ravie de t’en dire plus sur ce "quelqu’un" que j’ai rencontré, le problème c’est que j’en sais pas grand-chose sur lui. » Réalisais-je au moment où je le disais. « On s’éclate vraiment ensemble et j’adore sa personnalité, mais je sais pas très bien si ça va nous mener quelque part. J’ai l’impression que pour lui, penser au lendemain, c’est déjà le long terme. »

C’était tout à fait ce qu’il me fallait en ce moment, quelqu’un qui vive uniquement pour le moment présent. Je sortais d’une relation tumultueuse de deux ans qui avait réduit mon cœur en miettes et balayé mes rêves de romantisme avec une triste amertume. J’avais juste envie de m’amuser avec un musicien sexy et ne pas me prendre la tête. Je n’étais pas prête pour construire quelque chose, et pour une fois dans ma vie, j’avais l’intelligence de me l’avouer. La voix d’Aaron me tira de mon monologue interne quand il me demanda ce que j’avais mis dans mon gâteau. Je ne pus empêcher un sourire malicieux – et totalement pas discret – de fendre mon visage.

« Tu ne veux pas non plus que je dévoile tous mes secrets de cuisine ? »

Je fis semblant de m’offusquer, les poings sur les hanches. Il était hors de question que je lui dise le composant de mon gâteau qui donnait un goût si spécial au chocolat. Cette confession viendrait plus tard dans la soirée, une fois qu’il ne resterait plus du gâteau que quelques pauvres miettes se battant en duel dans le fond du plat.

« En tout cas ça me fait plaisir que tu aimes. Je l’ai laissé sur la table comme ça on peut piocher dedans pendant le film. »

Ajoutais-je sur un ton plus doux. Au même moment, un coup de klaxon dans ma ruelle annonça l’arrivée des pizzas. Ravie de cette diversion, je me redressai d’un bond et me précipitai vers la porte. J’échangeai quelques billets verts contre la bouffe et revint en sautillant vers la table. L’odeur était tellement délicieuse que je sentais presque mon estomac trépigner d’impatience. Je repris place à côté d’Aaron et fit glisser deux parts dans son assiette, puis dans a mienne.

« Alcool, herbe à fumer, pizza et gâteau. » Résumais-je : « C’est bon je crois qu’on a tout ce qu’il nous faut pour tenir le film. »

Avec un rire enjoué, je m’emparais de la télécommande pour mettre le film en marche. Je ne roulais pas sur l’or, alors ma télé était une petite chose cathodique que j’avais récupérée pour trois fois rien. La qualité d’image n’était pas excellente mais étrangement je trouvais que ça se collait parfaitement à l’atmosphère des vieux films. En fait, j’aimais bien les trucs kitch et dépassés, ça m’inspirait. Roulée en boule dans mon canapé, je regardais les images défiler sur l’écran et ne pouvait pas m’empêcher de constater à quel point Hitchcock était en avance sur son temps quand il avait fait ce film, près de 50 ans plus tôt. Pourtant, j’avais du mal à me mettre dedans. C’était débile mais j’avais hâte que le film se finisse pour pouvoir reprendre la discussion avec Aaron. Avec le temps qui passait et les morceaux de gâteaux que j’avalais, je me sentais euphorique et j’avais juste envie de m’éclater. C’était amusant, au départ, ces soirées films avaient été un prétexte pour apprendre à se connaître, et maintenant on gardait la tradition, même si on avait plus vraiment besoin d’un DVD pour être assurés de passer une bonne soirée en la compagnie de l’autre.

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MessageSujet: Re: Reality is a crutch for people who can't cope with drugs   Dim 3 Juil - 3:05

C'est vrai que la mention "assistant-biblio" a UCLA ça donne du sérieux au CV d'Aaron et il c'était pas de refus. Aaron est loin d'être un carriériste, mais disons que pour assurer ses arrières il a pris l'habitude de prendre les devants. Bon il arrêterait de revendre à ses potes, c'était pas plus mal, ça lui ferait lui-même réduire sa consommation qui devenait excessive, il avait perdu du poids, fallait qu'il se reprenne. Aaron LeGrand boit, c'est un fait avéré et aisément vérifiable. Il se drogue, il flirte avec les limites du raisonnable et depuis quelques temps il a tendance à vouloir sauter le pas. Seulement il se connaît, les euphorisants l'adoucissent et il tient à son esprit plutôt clairvoyant. Il ne se laisse pas corrompre par principe, pour ses principes et l'addiction est une dérivée de la corruption. Vivre la vie en étant stone h/24 c'est pas se laisser corrompre l'esprit?

Malgré toutes ces bonnes résolutions Aaron reste enthousiaste à l'idée de se prendre une bonne perche. Et Cherry offre de très bonnes garanties dans la matière, il allait bientôt s'en rendre compte. « J’ai l’impression que pour lui, penser au lendemain, c’est déjà le long terme. » Cette phrase le fit sourire, c'est une façon de voir les choses, une façon de voir qui peut être grisante. Le sourire et la moue offusquée ne rebutèrent pas tellement la curiosité d'Aaron mais il prit son mal en patience. Les pizzas arrivèrent dans la foulée. Bien, il pouvait commencer à s'en mettre plein la panse. Il mange beaucoup, une véritable société de consommation ambulante!
« C’est bon je crois qu’on a tout ce qu’il nous faut pour tenir le film. » Il hocha la tête, le film démarra aussitôt. Le truc c'est que Aaron a du voir "Psychose une demi-douzaine de fois, en gros il connaît. Il n'a plus cette sensation de découverte, il l'a échangée contre un regard de connaisseur devant certains plans et éclairages typiques. A tel point que l'histoire prend moins d'importance que les détails et pourtant la tension restait palpable, la magie de Hitchcock sûrement. Et puis Aaron se sentit un peu plus "euphorique" que d'habitude. C'était bizarre, ça venait de nulle part. Il était en train de se déconnecter complètement, il était dans son trip, et il lui fallu une bonne dizaines de minutes pour s'en apercevoir.

"Oula chui complètement stone la... Faut... Faut que j'me lève." Il s'appuya sur le canapé, sentant la télécommande au passage il prit la liberté de mettre le film sur pause, bah après tout il restait quoi... 10 minutes à tout péter.

"_Faut qu'j'aille pisser!"

Il se leva et resta debout, droit et raide pendant trois secondes. Trois longues et infernales secondes pendant lesquelles il fut secoué par un vertige d'une violence très prononcée. Vous vous imaginez sur le pont d'un bateau lors d'une tempête, le roulis vous provoque des haut-le-coeur toutes les cinq secondes. Les vagues qui secouent le navire manquent de vous faire vomir à chaque fois. Vous bougez au ralenti, luttant contre le vent et le déséquilibre. Et finalement vous vous dites qu'il vaut mieux rester dans sa cabine de peur de passer par-dessus bord. Ben c'est au mot près ce que ressentait Aaron à ce moment précis. Et donc il se rassit avant de s'écrouler.

"_...Ptet plus tard en fait. J'suis complètement désaxé là j'comprends pas tout c'qui m'arrive pour le moment." Cette dernière remarque était valable pour sa situation présente comme pour sa situation en général, mais Cherry ne relèverait peut-être pas l'allusion. "J'comprends pas, j'suis trop défoncé la!" Et oui Ronnie (surnom qu'il déteste), parfois on voit rien venir du tout! Il en avait déjà fait l'amère expérience quelques jours plus tôt. "Arrête d'y penser Aaron merde!". Il prit son paquet de clopes sur la table et en sortit une qu'il alluma.

_J'sais pas c'que j'ai mais faut que j'me pose deux minutes j'suis trop... Et PAF le flash! Un énorme sourire illumina son visage. Un sourire proprement radieux, pourquoi souriait-il? Aucune idée, c'était juste la clope, il nageait littéralement dans la béatitude. Sisi à ce point. Aaron défoncé il devient quasiment extra-lucide. Limite hyper-sensible. Pas au niveau sentimental, juste au niveau sensationnel. Se penchant pour glisser la clope dans le cendrier; il regarda son hôtesse et ajouta.

_Ton canapé est génial! ...
Et j'crois que j'vais la fermer sinon j'vais débiter que des conneries. En tout cas j'suis vraiment bien là. J'aime trop nos soirées!


Aaron t'es cuit? "J'suis k.o, j'suis mort mec! Mais en même temps... J'suis trop relax, trop zen, trop... Cooooool Raoul!" Bref le vin, les joints pendant le film et la pizza qui accélère le processus de digestion... Le space-cake lui revenait à la tête comme un vrai feu d'artifice, sauf que la il voyait pas d'ou étaient tirées les fusées.
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MessageSujet: Re: Reality is a crutch for people who can't cope with drugs   Mar 19 Juil - 14:40

Le film touchait à sa fin quand Aaron le mit en pause et se releva pour aller aux toilettes. Moi, j’en profitai pour me redresser et tendre la main vers le dernier bout de gâteau qui traînait sur la table. Je le déposai sur ma langue et fermai un instant les yeux pour mieux en apprécier le goût. J’avais l’impression que mes sens étaient décuplés, comme ça me le faisait parfois lorsque je prenais de l’herbe. Ce n’était pas ma drogue préférée, mais c’était toujours celle que je choisissais lorsque j’avais l’intention de rester chez moi au calme. Elle me calmait et me relaxait, chose dont j’avais grandement besoin la plupart du temps. La voix d’Aaron me tira de mes pensées, et je fronçai les sourcils en relevant les yeux vers lui : il n’avait pas l’air très bien. Il tangua un instant avant de venir s’enfoncer à nouveau dans mon canapé et m’avoua qu’il était totalement désaxé, preuve que ma tentative de le droguer à son insu avait totalement marché. Il avait l’air perdu, et étonné d’être aussi défoncé. Son air hagard me fit me mordre les lèvres. Je me sentais un peu coupable et j’hésitai à lui avouer que j’avais bien chargé mon gâteau. J’étais sur le point de faire mon mea-culpa quand je vis un sourire radieux se dessiner sur son visage, signe qu’il allait déjà mieux. Je sentis un sourire étirer mes lèvres et un éclat de rire naitre dans ma gorge et résonner sur les murs de la pièce. C’était amusant, j’avais presque l’impression que ce son ne venait pas de moi. Pourtant, il était difficile de renier qu’il s’agissait bien de mon rire pour le moins particulier. Imitant Aaron, j’allumai une cigarette, remplit mon verre de Jack Daniels (comme j’avais finis mon vin) et me renfonçai dans mon canapé à ses côtés.

« Oui… il est doux. Et presque plus confortable que mon lit. »

Répondis-je entre plusieurs éclats de rire. J’avais parfaitement conscience du fait qu’Aaron devait être bien défoncé pour complimenter ainsi mon canapé. J’avais aussi conscience du fait que je ne devais pas mieux valoir si je me sentais obligée de disserter sur ses qualités tout en riant comme une pintade. Et de réaliser la situation m’amusait encore plus. L’idée de prévenir Aaron que je l’avais drogué me semblait bien loin à présent et mes pensées revenaient sur mon objectif principal : savoir ce qu’il se passait entre Lexie et lui.

« Aww, moi aussi j’adore nos soirées ! »

M’exclamais-je lorsqu’il m’en fit la remarque. J’étais une fille plutôt émotive, et aussi très tactile, alors ce genre de confessions me touchait. C’est sans doute pour cette raison que je me suis redressée pour passer mes bras autour des épaules d’Aaron pour le serrer contre moi pendant quelques secondes. Je lui offris un radieux sourire alors que je m’écartais et me relevai pour remettre la musique. Aaron était plutôt ouvert mais comme je n’étais pas certaine qu’il supporte d’entendre du sleaze – mon style de musique préféré et ma raison de vivre - pendant toute une soirée, je mis mon iTunes en aléatoire et le branchai sur mes enceintes. J’avais totalement oublié que le film n’était pas fini. Il me semblait tout simplement normal de passer à la suite de la soirée. Je revins vers le canapé en sautillant et manqua de me prendre les pieds dans le tapis. Cette fois-ci, je rejetai la faute sur l’alcool que j’avais ingurgité : ça me faisait tout le temps perdre mon équilibre, mais je n’en avais rien à foutre. Je me sentais toujours mieux lorsque j’étais déchirée. Si mon frère savait ça, il me dirait surement que je devrais aller voir un psy pour me faire soigner, mais nous n’avions pas la même vision de la vie. Pour lui, c’était une bataille. Pour moi, c’était un jeu. Dangereux certes, mais un jeu quand même. Tiens d’ailleurs, puisqu’on parlait de ça…

« Maintenant on va jouer à un jeu. »

Lui annonçai-je en reprenant place dans mon canapé. Sans attendre de réaction de sa part, je sortis deux petits verres à shoots et les déposai devant nous sur la table.

« Ça s’appelle le jeu de la vérité, je ne connaissais pas mais un pote m’a appris le concept la semaine dernière. Je te pose une question et tu dois me répondre. Après, on boit tous les deux. Et si jamais tu ne veux pas répondre, tu bois deux fois et je te donne un gage. Ensuite, c’est à toi de me poser une question. Ça te va ? »

J’espérais que ça lui irait, parce qu’en plus de vouloir élucider le « mystère Lexie, » j’avais envie d’en savoir plus sur lui. J’adorais apprendre des anecdotes sur mes amis. Je me chargeai donc de remplir nos deux shoots et reposai la bouteille de Jacks sur la table.

« Bon alors je commence : clairement, vu ton accent, tu n’es pas d’ici. Quelles sont les raisons qui t’ont poussé à venir vivre à Los Angeles ? Et est-ce que tu comptes y rester ? »

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MessageSujet: Re: Reality is a crutch for people who can't cope with drugs   Mer 20 Juil - 2:12

Défonce... Mot au sens quasiment métaphysique pour Aaron. Il aime cette sensation, cette vision... trouble et déformée. Il ne pense pas que l'herbe déforme le caractère de chacun, elle le magnifie, lui donne de l'ampleur, comme s'il se révélait en fin de compte. Décuple les réactions, les émotions et les sensations. Aaron lui sa spécialité ce sont les sensations, et pour lui, y a rien de mieux qu'une clope, un canapé de cuir et de la musique quand il est stone. C'est comme ça, il a des plaisirs simples, comme celui de s'acheter un voilier et de faire le tour du monde en solo s'il gagnait au super-loto, vous voyez l'genre!

La cigarette entre ses doigts longs et fins se consumait petit-a-petit, et plus elle rétrécissait plus il s'enfonçait dans ce merveilleux canapé. Il adorait ce genre de soirées, pas pour la défonce, ça il peut l'avoir quand il veut, suffit de se promener a Venice Beach ou alors South Central. Même si pour aller a South Central Aaron s'y rendait systématiquement sans sa carte de crédit et sa montre Calvin Klein! Bah ouai un blanc qui a un peu de fric dans un quartier mal-famé et sous la tutelle de gangs... Il y a pas mal de chances pour qu'il garde pas son fric longtemps. Aaron ne connaissait pas assez bien L.A pour se balader seul la nuit dans South Central, il avait toujours son accent typique du Sud de la Côte Est (Louisiane, Géorgie, Alabama etc...) et même s'il n'avait aucune envie de le corriger bah parfois parler comme un mec de Compton ou de Inglewood... C'est mieux pour négocier avec les dealers locaux. Non il adorait ces soirées car la sa soirée ne dépendait pas de la qualité de son herbe ou de la quantité d'alcool, il aimait ces soirées car il aimait celle avec qui il les passait! Oooh mais j'vous vois venir! Aaron aime Cherry tout comme il aime sa soeur ou les spaghettis bolognaise... Mouais non ptet pas les spaghettis. Enfin bref c'est une affection sincère qu'il éprouve pour très peu de personnes et il apprécie d'autant plus que Cherry n'attends rien de lui et il n'attends rien d'elle. Ils se voient parce qu'il prennent du plaisir à se voir tout simplement. Et Aaron qui a du genre a être compliqué, redécouvre les joies de la simplicité en quelque sorte.

Il y a juste une chose qui gêne parfois Aaron. Pas parce que ça le dérange, juste parce qu'il ne sait pas comment réagir: les élans tactiles affectifs! Comme lorsque sa tatoueuse s'exclama qu'elle adorait elle aussi leurs soirées et qu'elle le prit dans ses bras genre: CALIN!!!! Bizarre non? Il peut embrasser n'importe quelle fille dans un bar sans même savoir son prénom, mais recevoir une étreinte chaleureuse de la part d'une amie... Ca il sait pas! Sans doute parce que pour lui, échanger un baiser est devenu moins intime et beaucoup plus banal qu'un calin. Elle se leva pour remettre de la musique, le film n'était pas fini, mais c'était tout comme. Il eut une pointe d'appréhension l'espace d'une seconde, il connaissait grosso-modo les goûts musicaux de son hôtesse, et même s'il écoute tous les genres de musiques, Aaron préfère écouter du Pink Floyd que du Mötley Crue lorsqu'il fume de la ganja. Mais quand il boit du whisky alors il passe aux Doors. Il est plutôt prévisible car il a ses manies, ses rituels dans ce domaine. Cependant son appréhension ne dura pas, il pouvait très bien écouter ce qu'elle écoutait, elle était pas le genre a écouter Justin Bieber, Lady Gaga ou toutes ces autres conneries! Elle revint vers lui, manqua de tomber une ou deux fois et se rassit a côté de lui en lui annonçant la bouche en coeur:

«Maintenant on va jouer à un jeu. » "..." «Ça s’appelle le jeu de la vérité» "Ah... Merde!" «Je ne connaissais pas mais un pote m’a appris le concept la semaine dernière. Je te pose une question et tu dois me répondre. Après, on boit tous les deux. Et si jamais tu ne veux pas répondre, tu bois deux fois et je te donne un gage. Ensuite, c’est à toi de me poser une question. Ça te va ?» Il n'eut pas besoin de répondre, elle remplit deux shooters de Jack Daniels et lança les hostilités. Ce petit jeu lui fit penser à celui auquel il avait joué avec Lexie... Sauf qu'avec Lexie y avait pas de vérité, juste des gages et beaucoup de verres à boire! Il hocha la tête malgré tout, pour montrer qu'il était d'accord et il eut un sourire d'approbation lorsqu'il vit le liquide ambré dans son shooter. Elle lui posa la question et BAM !!!! Il resta muet un petit moment. "Roh Aaron c'est bon la fais pas ton gamin secret et boudeur, tu as accepté de jouer alors tu réponds!"

_Et bien non je suis pas d'ici, j'viens de la côte Est. Pourquoi je suis venu à L.A? En fait c'est tout simple: pour prendre un abonnement aux matches des Lakers, ce qui m'aurait permis de croiser Jessica Alba. J'aurais fait semblant de tomber sur elle plusieurs fois sans faire exprès, et a partir de la elle me trouve craquant, on s'assied a côté pour faire connaissance, elle tombe amoureuse et on part vivre en Toscane ou dans le Montana... même si j'préfère la Toscane, j'suis jamais allé en Europe! Evidemment c'était pas ça la raison, mais ça lui permettait de rigoler un peu et puis il a plein de trips de ce genre quand il est défoncé. Lui qu'on pourrait croire trop terre-a-terre passe en fait son temps a tirer des plans sur la comète. Il reprit son sérieux et finit par dire:

_Pourquoi je suis à L.A? Parce que j'avais besoin de quitter l'Etat ou j'ai toujours vécu, j'avais besoin de changer d'air et ma soeur étudiait la photographie ici depuis un moment, alors je l'y ai rejoint c'est aussi con que ça... Quant à savoir si je comptes rester ici... Franchement non. Cette ville est géniale, immense, peuplée. Mais justement elle est trop grande et trop peuplée. J'aime vivre ici pour le moment, mais je suis sur a 90% que je ne fêterais pas mon trentième anniversaire à Los Angeles.

Le ton sur lequel il avait il dit cela... Comme s'il était à la fois triste et soulagé d'avoir dit cela. Il attrapa son shooter et dans le même mouvement, en avala le contenu. Ouch, ca fait chaud par ou ça passe! Il chercha une question a son tour mais n'en trouvait pas. Il ne voulait pas demander quelque chose de trop intime ou personnel. Et en même temps il se demandait pourquoi elle passait par un jeu d'action/vérité pour en savoir plus sur lui. Soit c'était un prétexte à boire (toute façon les seuls qui ont besoin de se justifier lorsqu'ils boivent, ce sont les alcooliques anonymes); soit c'était un moyen pour en savoir plus sur lui sur un sujet bien précis... Aaron sourit, il avait trouvé sa question:

_A moi donc. Hmm... Tu as décidé de jouer à ce jeu pour apprendre a me connaitre un peu plus, ou pour me poser une question bien précise sans que je puisse me défiler? Il prit la bouteille et se servit à nouveau, en regardant son interlocutrice pour savoir s'il avait fait mouche ou pas.
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MessageSujet: Re: Reality is a crutch for people who can't cope with drugs   Dim 24 Juil - 17:11

Mon shooter à la main, je m’enfonçai confortablement dans mon divan et ramenai mes jambes contre moi en les entourant de mes bras. J’appuyai ma tête sur mes genoux et posai mon regard d’encre sur Aaron. J’étais prête à écouter son histoire. Il sembla hésiter un instant, ce qui me laissa de loisir de l’observer pendant quelques secondes. En tant que tatoueuse spécialisée dans l’art réaliste et les portraits, je me prenais souvent à observer le visage de mes amis. Je me plaisais à remarquer les lignes et les courbes de leurs traits, à imaginer les ombres qui donneraient de la profondeur à un éventuel tatouage. J’étais en train de me faire la réflexion qu’Aaron avait vraiment des traits particuliers – quasiment parfaits et finement ciselés – quand il me tira de mes pensées en répondant à ma question. Je clignai des yeux et fus à nouveau propulsée dans la réalité. Impliquée, je l’écoutais me raconter les raisons de sa venue à Los Angeles et il me fallut tout de même un bon moment avant que je ne réalise qu’il me faisait totalement marcher.

« Je suppose que si tu es encore ici avec moi sur ce canapé c’est que quelque part ton plan n’a pas marché ! »

Plaisantais-je entre deux éclats de rire. Entre ma famille et mon cercle d’amis totalement dysfonctionnels, je n’étais pas vraiment habituée à fréquenter une personne avec un sens de l’humour, et j’aimais celui d’Aaron : simple et aiguisé à la fois. Le problème c’est que j’étais tellement naïve que je me faisais avoir une fois sur deux lorsqu’il me racontait quelque chose de totalement loufoque. C’était encore davantage le cas lorsque j’étais défoncée ou alcoolisée. Je repris mon sérieux quand le beau brun reprit son explication, pour me donner la vraie raison de son départ cette fois-ci. J’hochai la tête quand il me raconta avoir eu besoin de changer d’air. Je le comprenais totalement car j’avais moi aussi souvent ressentit l’envie de quitter Los Angeles pour voir quelque chose de nouveau. Mais c’était ma ville, et dans le fond, je ne me voyais pas la quitter dans la durée. Ce n’était pas son cas, et je sentis presque une pointe de tristesse lorsqu’il m’avoua être quasiment certain de ne pas y rester jusqu’à l’âge de 30 ans. Au cours de ma vie, j’avais vu énormément de gens aller et venir, mais ce n’était pas pour autant que je m’habituais à avoir ceux que j’aimais tourner la page et disparaitre. J’avais conscience d’être sensible à l’extrême, et j’avais besoin de relations humaines.

« Tu as intérêt à ne pas partir à l’autre bout des Etats-Unis ! »

Plaisantais-je tout en levant mon verre à la fin de sa réponse. Je le portai à mes lèvres et avalai le liquide d’une traite, savourant la sensation du whisky brûlant ma gorge. Ensuite, je me dépliai pour reposer mon verre sur la table, aux côtés de celui d’Aaron et de la bouteille d’alcool qui ne demandait qu’à être utilisée à nouveaux. Je repris place dans mon canapé et un sourire étira mes lèvres alors que les première notes de l’une de mes chansons préférées « It’s a Miracle » de Crashdïet retentit dans la pièce. C’était avec ce morceau que j’avais découvert le groupe en 2005 et je me souviens avoir été tout de suite accro. Encore maintenant, lorsque je l’écoutais, ce morceau me prenait au cœur et au corps. La sensation d’extase que j’éprouvais se mêlait à une sorte d’amertume nostalgique : la pensée de savoir que je ne les aurais jamais vus sur scène avec leur chanteur original qui avait mis fin à ses jours juste après la sortie de ce premier album. Une fois de plus, la voix d’Aaron et son accent chantant me firent reprendre contact avec la réalité. J’espérais que mes absences passagères étaient dues au mélange drogue/alcool et que je n’étais pas de nature aussi autistique en temps normal. J’écoutais sa question et sentit malgré moi un sourire étirer mes lèvres pourpre.

« Hmm intéressant comme question. Tu as quelque chose à cacher que je ne devrais pas découvrir ? »

Demandais-je en rebondissant sur sa question, une lueur de malice brillant dans le fond de mes yeux sombres. Je le toisais un instant puis haussai les épaules. Ce jeu s’appelait le jeu de la vérité et par conséquent je me devais d’être honnête, cependant je n’avais aucune envie de lui faire savoir que je fouillais pour apprendre quelque chose de précis à son sujet. J’optais donc pour une troisième option : lui dire la vérité, mais pas toute la vérité.

« J’adore apprendre des choses et des anecdotes sur les gens. En fait je trouve que ce sont ces petites choses de notre passé, nos ambitions et nos rêves qui nous définissent en tant que personne. Ça en dit tellement plus qu’une description sur Facebook, une présentation ou un CV. Donc je suppose que j’ai décidé de jouer à ce jeu pour apprendre à mieux te connaître et aussi pour te poser des questions un peu insolites. Tu sais, le genre de sujets qui ne viendrait pas forcément dans une conversation de tous les jours… »

Je lui fis un clin d’œil puis me penchai à nouveau vers la table pour avaler d’une traite l’alcool ambré qui se trouvait dans le petit verre. Sans attendre une seconde de plus, je m’emparai de la bouteille pour le remplir à nouveau, puis je m’attaquai à celui d’Aaron. Je pris ensuite le mien entre mes mains et fixai mon regard sur une de mes fenêtres, sans me concentrer sur quoi que ce soit en particulier. Il était encore trop tôt pour lui poser une question à propos de Lexie, je sentais qu’il était légèrement sur la défensive suite à sa dernière question. Mais d’un autre côté, j’avais envie de passer dans un registre plus personnel. Je pinçai les lèvres puis reposai mon regard sur lui.

« Alors, à mon tour. Quand tu en pinces pour une fille, comment tu t’en sors pour la faire craquer ? Je veux dire, t’es plutôt du genre romantique, dîner aux chandelles et bouquet de fleurs ou bien sexto, rentre dedans et gestes sensuels pour lui faire comprendre que t’es intéressé ? »

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MessageSujet: Re: Reality is a crutch for people who can't cope with drugs   Dim 24 Juil - 19:41

Aaron part dans des délires parfois loufoques, une manière comme une autre de quitter la réalité, un joint à la main, un shooter dans l'autre ça aide aussi. Mais entendons nous bien, se défoncer n'est pas la quête principale de Ronnie, c'est juste que fumer lui permet de se livrer plus avant. Et même avec ses amis il garde toujours ses distances, c'est compulsif, comme sa posture, droite, fière, altière. C'est une façade déjà si ancienne qu'elle en est devenue une seconde nature, une seconde peau. Bien sur vous êtes à même de vous demander si Aaron est à ce point de ce genre-la, et en vérité oui, c'est le cas. C'est un adepte du self-control, alors quand un sujet le touche au plus près il ne se braque pas, il devient juste aussi expressif qu'une pierre tombale. Ingérer des substances euphorisantes, voire carrément psychotropes lui permet de déchirer le voile, à défaut de le faire tomber.

Et même s'il ne savait pas vraiment ce qu'il allait encore faire du reste de sa vie, il y avait une chose de sûre. C'est pas pour rien qu'Aaron a adoré faire le trajet New-Orleans / L.A en voiture! 3000 bornes de désert, de montagne, être au volant quand le soleil se lève, et l'être toujours lorsqu'il se couche. Même s'il adore prendre le temps de s'asseoir, de rester immobile et de regarder les choses... Aaron est curieux, et n'a de cesse de découvrir de nouveaux lieux. "New places, new faces" comme on dit. Il a largué les amarres depuis longtemps et il est de ceux qui semblent avoir une troublante facilité a quitter un endroit pour un autre, de ceux que rien ni personne ne peuvent arrêter. « Tu as intérêt à ne pas partir à l’autre bout des Etats-Unis ! » Il sourit, non en tout cas ce serait pas pour tout de suite. Cet élan d'affection le touchait et son sourire resta accroché plusieurs secondes de plus à son visage. « Hmm intéressant comme question. Tu as quelque chose à cacher que je ne devrais pas découvrir ? » Son regard plein de malice ne lui inspira pas vraiment confiance. Et puis il relativisa, tout le monde cache quelque chose, que ce soit anodin, important, abject ou noble. Tout le monde choisir d'avoir des secrets, c'est ce qui définit beaucoup de gens d'ailleurs. Il fut tiré de ses rêveries lorsque Cherry lui répondit et une phrase le marqua:
« En fait je trouve que ce sont ces petites choses de notre passé, nos ambitions et nos rêves qui nous définissent en tant que personne. » La bouche entrouverte, les yeux légèrement écarquillés (et dilatés aussi, évidemment...). Il était d'accord sur tous les points et selon lui il ne manquait qu'un seul élément qui définissent l'identité de chacun: les choix. Aaron tira une dernière fois sur sa clope avant de l'écraser dans le cendrier. Elle remplit leurs verres de nouveau après avoir vidé le sien d'un trait. Elle regarda au-travers une fenêtre, sans doute pour trouver la bonne question à poser. Aaron essaya d'anticiper la sienne par la même occasion. Elle se pinça les lèvres et posa sa question avant qu'il n'aie pu trouver une piste quelconque. Et bim! Elle faisait mouche à chaque coup! "B4... Porte-avions coulé! BON SANG DE BOIS!!" Il eut un rire nerveux et vida son verre avant même de répondre à la question. Il se resservit aussitôt et hop voila, il ouvrit la bouche mais il avait le gosier en feu, il se racla un peu la gorge pour pouvoir parler.

_Et bien en fait... J'suis pas très doué avec les nanas. Si elles ne viennent pas à moi il y a peu de chances que j'aille vers elle. Sauf si y en a une qui m'attire plus particulièrement, la j'passe pas l'attaque, j'fais juste connaissance et je laisse la discussion finir le boulot. Sinon ca se passe comme je l'ai dit, j'ai la chance d'être plutôt beau gosse, donc en soirée je ne manque en général pas de propositions. Il eut un sourire réflexe. Ce n'était pas de la vantardise, juste un constat satisfaisant. _Ensuite s'il y a "relation de couple", alors je joue plus dans la subtilité, j'l'emmène voir un match au Staples, ça marche toujours avec les filles ici, elles adorent les Lakers! Enfin toi j'sais pas... Mais bon 9 fois sur 10 ça marche! Et tout en parlant il s'aperçut qu'il n'avait plus fait ça depuis un bout de temps. Et même si ça ne lui manquait pas trop il eut un léger pincement au coeur. Il fit une petite pause avant de reprendre:

_En fait j'suis une feignasse. Comme à la pêche, j'arrive dans le bar, j'bouge pas et j'attends que ça morde! Et en ce qui concerne une relation stable j'en sais rien, ça fait longtemps ma façon de vivre ça a forcément changée, et puis ça dépend de la fille aussi... Bref ma question à moi maintenant.

De question il n'en avait pas, aussi il décida de poser la première qui lui viendrait a l'esprit.

_Pourquoi Cherry au fait?

... Ben quoi? C'est une question comme une autre!
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MessageSujet: Re: Reality is a crutch for people who can't cope with drugs   Jeu 28 Juil - 21:09

Je ne pus réprimer un rire amusé en voyant la réaction d’Aaron. Il était amusant de voir comme le bonhomme pouvait se refermer comme une huitre lorsqu’on lui posait des questions sur son passé où sa vie sentimentale. En revanche, il était ouvert pour parler d’autres types de sujets, tant que ça ne le touchait pas personnellement. Dans notre monde tellement nihiliste et égocentrique, je ne l’en trouvais que davantage original et intéressant… même si je devais avouer que son attitude me frustrait parce j’avais envie d’en savoir plus sur lui. Je le regardais avaler son verre et se resservir un shoot. Il dérogeait à la règle, mais je me retins de lui faire une remarque. Dans le fond, j’en avais rien à foutre qu’il double ses rations d’alcool, tant qu’il répondait aux questions que je lui posais. Je le laissai donc faire et posai mes coudes sur mes genoux avant de poser ma tête entre les paumes de mes mains. J’étais prête à l’écouter. Aaron se racla la gorge, puis il commença à m’expliquer qu’il n’était pas doué avec les nanas.

« Allons-bon… »

Ne pus-je m’empêcher de remarquer à voix basse. Je ne savais pas s’il m’avait entendue ou non, en tout cas ma réflexion plus qu’ironique ne sembla pas le troubler car il continua à m’expliquer qu’il n’allait pas forcément vers les filles. Cet aveu me troubla, parce que j’avais toujours cru qu’il était le genre de gars qui n’avait aucun problème à aborder une nana pour aller lui offrir un verre et commencer à faire connaissance. J’étais surprise de voir que je m’étais trompée, et qu’il attendait en général qu’elles viennent vers lui. Un sourire pris place sur mon visage quand il me raconta jouer sur ses atouts physiques. Il avait totalement raison, son visage d’ange, aux traits quasiment parfaits, devait avoir raison de bien des nanas. Il avait ce côté un peu mauvais-garçon tout en gardant une certaine classe et une bouille qui inspirait malgré tout la confiance. En fait je le voyais aussi bien fumer un joint dans une allée sordide que sauver un petit chien blessé sur le côté de la route. Je secouais légèrement la tête, consciente de m’être égarée dans des réflexions mentales dont je ne savais même pas si elles étaient avérées. A mes côtés, Aaron poursuivit en m’expliquant que s’il voulait sortir avec une fille sur la durée, il s’y prenait un peu autrement et les sortais voir des matches de sport. J’eus une petite grimace qu’il du remarquer car il s’empressa d’ajouter que si ça marchait avec les autres, ce n’était peut-être pas le cas avec moi… et il avait raison.

« Avec moi tu aurais plus de chance en m’amenant à un concert parce que le sport, c’est clair que c’est pas mon truc. »

Ca se voyait un peu d’ailleurs : je n’avais jamais été de ces filles minces et élancées. J’avais quelques rondeurs, surtout au niveau des hanches et des cuisses. En fait, je m’étais toujours trouvée un peu ronde, mais je détestais le sport, et j’aimais bien trop manger pour penser à faire un régime. Pourtant, je ne m’assumais pas totalement et j’avais toujours cette hantise de me déshabiller devant un homme pour la première fois. Quand Aaron eut finit de répondre à ma question, je levai à nouveau mon verre et fit glisser le liquide ambré dans le fond de ma gorge. Je laissai échapper une expiration peu délicate et entreprit de nous servir à nouveau pendant qu’il cherchait une question à me poser. Aucun doute : je ne perdais pas la main !

« Pourquoi Cherry ? »

Répétais-je, légèrement surprise qu’il ait deviné qu’il s’agissait d’un surnom que je m’étais donné. Puis je me souvins qu’il était observateur et pouvait l’avoir lu sur n’importe quel document officiel me concernant car je n’avais jamais été jusqu’au bout de la démarche en changeant légalement de prénom. C’était quelque chose que je comptais pourtant faire, à terme, histoire d’envoyer se faire foutre ma mère une bonne fois pour toute.

« J’ai toujours détesté mon prénom. Ma mère m’a appelée Autumn parce qu’elle manquait tellement d’inspiration qu’elle a pas été foutue de réfléchir à quelque chose de plus personnel avant que je naisse. J’ai poussé mon premier cri en octobre alors elle m’a nommée comme la saison. Je suis pratiquement sure que je me serais appelée Summer si j’étais née en été… d’ailleurs, c’est le nom de ma petite sœur. »

J’eus un petit rire ironique et tandis la main vers mon shoot, qui finit directement dans le fond de ma gorge. Parler de ma mère me mettait toujours sur les nerfs d’une façon ou d’une autre. Je la haïssait autant que je détestais le fait de l’aimer encore quelque part au fond de moi. Si je devais rechercher l’origine de ma colère, de ma haine pour la société et le système Américain, ma mère en était probablement à la source.

« A l’adolescence, j’ai commencé à fréquenter des gamins punks du quartier et j’étais rarement à la maison. Ils avaient tous des surnoms parce qu’ils détestaient tous leurs vieux donc c’était simplement naturel que j’en prenne un moi aussi. C'était notre façon de rejeter leur autorité en nous façonnant notre identité propre. A l’époque, Joan Jett était mon modèle et j’adorais la chanson qu’elle avait composé pour les Runaways, ‘Cherry Bomb’. Je portais toujours leurs tee-shirts avec une cerise explosive et comme j’avais les cheveux rouges, mes potes ont commencé à m’appeler Cherry. Depuis c’est resté, et je me sens beaucoup plus ‘Cherry’ que ‘Autumn’ aujourd'hui. Ca représente mon émancipation en quelques sortes, le moment où j’ai trouvé ma voix. C'est aussi mon premier tatouage, une cerise sur mon bras. »

Conclus-je avec un sourire. Je me resservis un verre et trinquai avec lui, signe que j’avais fini de répondre à sa question. Puis je l’observai en plissant les yeux, une question sur le bout de mes lèvres. J’hésitais à mettre les pieds dans le plat tout de suite ou à contourner ma question. Je n’avais pas envie de le faire fuir.

« Alors… est-ce qu’il y a une fille qui t’intéresse en ce moment ? Je ne peux pas croire qu’un beau garçon comme toi n’a pas une pelletée de prétendantes, et avec un peu de chance, il y en a une parmi ces dernières qui t’a tapé dans l’œil. »

Lançais-je d’une façon que je pensais subtile, aux vues de mon état avancé. S’il ne me parlait pas spontanément de Lexie cette fois-ci, j’irais cash la prochaine fois, me promis-je.

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