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 ♪ Hated homework and the dirty looks | yelena & georgia

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MessageSujet: ♪ Hated homework and the dirty looks | yelena & georgia   Lun 18 Juil - 17:17




Je reniflai disgracieusement en replaçant une mèche de cheveux derrière mon oreille. Il s'approcha de moi les bras tendus, pour me faire un câlin, et je le repoussai violemment. De honte comme de rage, j'essuyai brusquement les larmes qui coulaient sur mes joues. Je soupirai, voyant qu'il avait simplement reculé d'un pas quand j'avais rejeté son étreinte, et m'y blottit en ronchonnant. Je ne sais pas pourquoi je continue de faire ça, mais je ne peux pas m'en empêcher. Encore une fois, il vient de me dire que nous ne pourrons pas nous voir ce soir, comme prévu, parce que sa femme a préparé un bon souper et que son beau-père vient manger à la maison. Pour le cause, je mordis un de ses mamelons, lui arrachant un cri de surprise, puis embrassait son torse musclé en m'intimant de cesser de pleurer. Sa main faisait des grands cercles dans mon dos, pour m'apaiser, et ça fonctionnait. Il me connaissait trop bien, c'était troublant. D'une main, je dessinais des coeurs sur son pectoral gauche, le nez toujours enfoui contre sa poitrine. Finalement, il changea légèrement de position, signe que je devais y aller. Je me décollai de lui, retrouvant soudain toute ma colère partie dès que ses bras m'avaient enlacés ― comme toujours ― et lui envoyai une bonne claque sur le bras en voyant que, même s'il devait partir, il avait penché sa tête sur le côté et un petit sourire coquin se dessinait sur ses lèvres. J'en avais assez de n'être que son jouet sexuel, mais je savais qu'il y avait plus entre nous, malgré tout. Il soupira, se penchant vers le lit de notre chambre de motel ― c'était presque devenu une routine pour nous ― mais je la ramassai avant lui et l'enfilai pour couvrir mon corps nu. Je levai le nez d'un air de défi, qu'il me l'enlève, juste pour voir, et il soupira de nouveau en secouant la tête. Je lui fis un petit sourire en haussant un sourcil, et me dirigeai vers la salle de bain. Je l'entendis marcher sur la moquette, mais me forçai à ne pas me retourner, et je refermai la porte derrière moi. Dans un élan de colère subite, je la verrouillai. Je l'entendis jouer avec la poignée, puis laisser sa tête cogner contre le bois. Je me mordis la lèvre inférieure, tentée de le laisser entrer, mais finalement, je me défis de sa chemise et me glissai sous la douche.

Le jet d'eau froide me réveilla et je lâchai un cri de surprise, m'empressant de tourner la manivelle vers l'eau chaude. Elle devint brûlante et je lâchai un juron digne d'un charretier, en ajustant rapidement la température. Mes cheveux lavés, je pris le petit savon encore emballé pour me frotter le corps, et me sentit soudainement accablée de chagrin. J'allais encore passer la soirée seule. Encore. Ce mot résonna dans mon esprit et je me laissai tomber dans le fond du bain en pleurant. C'était trop difficile, je l'aimais de tout mon âme, et lui me promettait de la quitter depuis trois ans et demi, mais il ne le faisait jamais. J'avais peur de ne plus retrouver personne pour m'aimer comme je voyais qu'il m'aimait, quand je le regardait dans les yeux, alors j'acceptais cette situation, mais c'était toujours aussi douloureux de devoir lui dire au revoir. Je sortis de la douche une fois que mon visage rouge des larmes, et de la colère aussi, eut retrouvée une couleur normale. Je lui jetai sa chemise au visage et m'habillai rapidement. Quand il voulut m'embrasser, je griffais son poignet en l'enlevant de près de mon visage, puis je quittai la chambre sans un mot. Il me souffla un je t'aime quand la porte claqua, mais je l'entendis et je dus me faire violence pour ne pas retourner à l'intérieur et lui sauter au cou. Je ne gagnai pas cette bataille avec moi-même et tandis qu'il boutonnait sa chemise, j'ouvris grand la porte et me lançai dans ses bras. Il m'attrapa sans difficultés, surement habitué à mes sautes d'humeur plutôt fréquentes avec lui, mais il était le seul qui ne me rejetait pas quand je faisais cela, quand j'étais moi-même, et je ne l'aimais que plus. Il m'embrassa longuement, me promis de m'appeler dès que possible, puis je le quittai, une deuxième fois. J'enfourchai mon vélo en reniflant, essuyant distraitement les larmes qui faisaient un voile devant mon regard, et partit en direction du campus. Je n'allais peut-être pas être seule, finalement, parce qu'avant de partir, Xavier m'avait rappelé que j'avais un devoir à remettre bientôt. Ce qui m'avait aussi rappelé que j'avais donné rendez-vous à Yelena, ma coéquipière pour ce devoir, à la bibliothèque dans vingt minutes.

Je pédalai à toute vitesse, parce que je détestais être en retard, et enjambaient les marches trois à trois, malgré mes petites jambes, pour monter plus vite jusqu'à la bibliothèque. Mes shorts étaient au moins pratique pour autre chose que pour s'enlever facilement ; elles ne gênaient pas mes mouvements. Je poussai la porte de la bibliothèque avec cinq minutes d'avance, heureusement. Je pris le temps de retrouver une respiration normale en m'installant à une table libre, face à la porte, pour attendre Yelena. Je ne mis pas de temps à tomber dans la lune, j'étais exténuée tant par ma course à vélo que par mes activités des dernières heures. Repenser à ce que j'avais fait me fit sourire, et je revis le torse nu de Xavier, au-dessus de moi, son ventre plat et découpé, son visage en sueur, concentré. Mon ventre faisait des bonds au souvenir de ses gestes, et je me forçai à penser à autre chose. Je sortis donc un cahier à spirale, pour prendre des notes, et l'ouvrit à la page où j'avais noté la question qui nous avait été assignée : « À quoi tient la force des religions et avons nous besoin de religion? ». Je soupirai. Bien sûr que nous avions besoin de religion, et la forcede celles-ci résidaient dans sa propension à attirer des croyants. J'étais moi-même catholique, pas très pratiquante, mais je croyais fermement que j'irais en enfer, j'avais probablement déjà fait tous les péchés capitaux, et j'entretenais une relation charnelle avec un homme marié. Ça faisait de moi une très mauvaise candidate pour le paradis. Je soupirai de nouveau, en espérant que Yelena n'était pas du genre hyper croyante, parce que j'aurais du mal à supporter une sainte-ni-touche de la religion, surtout pour une rédaction de 1000 mots!



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Yelena A. Nygård
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MessageSujet: Re: ♪ Hated homework and the dirty looks | yelena & georgia   Jeu 21 Juil - 15:03

- Tout le plaisir est pour moi, merci de votre intérêt.

Un sourire « corporate » sur mon visage maquillé, je me relevai et serrai délicatement la main des deux journalistes qui venaient de m’interviewer pour le magazine ‘Glamour’. Je les escortai ensuite jusqu’à la porte de la suite que mon agence avait réservée toute la matinée pour faire de la promotion et me tournai vers mon attachée de presse et manager. Une expression indescriptible sur son visage exquis, cette dernière s’approcha de moi et me tendit une tasse de thé que je pris en la remerciant. Cela faisait maintenant deux ans que Kathryn travaillait pour moi, et je n’avais jamais eu à m’en plaindre. Cette superbe Anglaise de 26 ans était dotée d’un esprit subtil et d’un charme sans pareil. Elle savait gérer les situations les plus compliquées avec une intelligence émotionnelle que peu possédaient et se montrait une négociatrice pointilleuse pour ce qui était de mes contrats. En plus d’être sans reproches sur le niveau professionnel, j’appréciais Kat en tant que personne. Elevée dans une famille de la haute société, elle avait reçu une éducation stricte et jonglait à la perfection avec l’étiquette et l’art de la conversation. Dans le milieu de la mode, elle présentait extrêmement bien, et personne ne se doutait qu’il ne s’agissait là que d’un vernis destiné à dissimuler sa véritable personnalité. Lorsqu’elle rentrait chez elle après une journée de travail, elle s’empressait de détacher son chignon pour laisser ses longs cheveux noirs couler jusque dans le bas de son dos ; et, bien cachés sous ses vêtements, sa peau de lait était couverte de superbes tatouages. J’étais bien placée pour le savoir, car mes doigts les avaient souvent parcourus lors de nos étreintes qui n’avaient absolument rien de professionnel.

- Tu as été superbe.

Un sourire sur ses lèvres rouges, la jolie brune laissa ses doigts courir sur ma joue. A son ton laissé en suspens, j’avais l’impression qu’elle hésitait à me dire quelque chose. Par conséquent je savais que cette remarque allait m’irriter. Je fronçai légèrement les sourcils et remontai ma main le long de son avant-bras, entrelaçai mes doigts aux siens et l’écartai de ma joue.

- Mais ? Demandai-je pour l’encourager à poursuivre sa pensée.
- Tu ne devrais pas leur sauter à la gorge chaque fois qu’ils font une allusion à la scène black metal Norvégienne, répondit Kathryn dans un soupir.

Comme je l’avais prévu, cette remarque eut le don de m’exaspérer. Je pris une profonde inspiration et pinçai les lèvres avant de relever le menton, digne et hautaine, tandis que mes bras se croisaient sur ma poitrine.

- Premièrement, je ne leur ai pas « sauté à la gorge » même si ce n’était pas l’envie qui me manquait. Me défendis-je froidement. Je n’y peux rien si la majorité des médias que tu m’envoies sont de sombres crétins qui ne croient que ce qu’ils voient à la télévision et entendent à la radio. Deuxièmement, je ne peux pas les laisser écrire sur moi un tissus d’ânerie sous prétexte qu’ils arriveront davantage à vendre leur magazine de merde s’ils me font passer pour une extrémiste psychotique et troisièmement…
- Je ne les laisserais pas décrire mon père comme un sataniste tortionnaire qui m’a tellement traumatisée étant enfant que j’ai décidé de devenir lesbienne. Me coupa-t-elle. Je sais, Yelena, ils sont lourds et cherchent la merde là où il n’y en a pas mais garde à l’esprit qu’ils guettent chacune de tes réactions et que plus tu réagis, plus ils réalisent qu’ils touchent à un point sensible. Mais si tu veux, je peux rédiger de nouvelles règles selon lesquelles ils ne seront pas autorisés à te questionner là-dessus.

Vexée, je plissai les yeux alors que je l’écoutais continuer ma phrase comme si elle se trouvait dans ma tête. J’étais d’autant plus énervée que c’était quasiment au mot près ce que j’allais exposer. Étais-je si prévisible ? La fin de sa phrase me calma cependant, car je savais qu’elle avait raison.

- Non, ça ne sera pas nécessaire, répondis-je avec un soupir. Je préfère qu’ils me posent des questions auxquelles je puisse répondre plutôt qu’ils essaient de spéculer tout seuls et finissent par écrire une histoire totalement romancée. Je finis mon verre de thé et le reposai sur la table basse de la pièce principale avant de jeter un coup d’œil à ma montre. Je dois y aller, j’ai rendez-vous avec une étudiante pour travailler sur un devoir de philosophie.
- Intéressant, c’est que quel sujet ?
- A quoi tient la force des religions et avons-nous besoins de religions ? Répondis-je avec un sourire énigmatique.
- Je souhaite bien du courage à cette petite étudiante, répondit Kathryn avec son flegme Britannique en luttant contre un sourire moqueur.

Je ne pus lutter contre un éclat de rire alors que j’enfilais mon perfecto en cuir par-dessus ma petite robe en dentelle blanche. J’entrepris ensuite de sauter dans mes Doc Martens avant de ramasser mon sac à main et filai en direction de la fac. J’avais décidé de venir en avance à la bibliothèque de façon à commencer à faire quelques recherches et à mettre des bouquins de côté. Arrivée sur place, je me dirigeai vers la section religions de la bibliothèque et commençai à feuilleter quelques livres. Je savais que la plupart des étudiants allaient se cantonner aux religions actuelles et à l’extrémisme religieux pour leur argumentaire mais j’avais envie de faire quelque chose de différent. A ma liste de livres, j’ajoutai quelques bouquins historiques et des livres de paganisme. Peu de gens savaient que certaines personnes avaient encore des croyances polythéistes de nos jours, même dans les pays de civilisation dite « occidentale. » Je faisais partie de ces personnes et aussi loin que remontaient mes souvenirs, mes parents me racontaient les mythes de la mythologie Viking et Scandinave. Il ne me semble pas avoir jamais vu de Bible chrétienne chez moi, à moins que ce ne fût pour alimenter le feu de bois. J’espérais que Georgia, n’étais pas une chrétienne particulièrement pieuse ou bien notre débat promettait d’être venimeux. Alors que cette pensée me traversait l’esprit, je relevai les yeux vers la porte d’entrée de la bibliothèque et vis la petite brune y entrer avant de s’assoir à une table. J’ajoutai un dernier livre à ma pile et entreprit de remonter le chemin pour me diriger vers elle.

- Salut !

M’exclamais-je une fois à sa hauteur. Je m’approchai de la table et lâchai la pile de livres qui claqua sur le bois avec un bruit mat qui résonna un instant dans la Bibliothèque.

- Fy fæn i helvete ! Jurai-je à voix basse dans ma langue natale.

Quelle magnifique entrée en matière. Heureusement pour moi, il y avait peu de chances pour que la jeune femme puisse comprendre le sens de ces quelques mots lancés en Norvégien. Je relevai les yeux vers la jolie Georgia pour vérifier que je ne l’avais pas faite fuir et lui adressai un sourire d’excuse.

- Je suis vraiment désolée, ils m’ont échappé des mains.

M’excusais-je avant de m’assoir à ses côtés. Je vis qu’elle avait déjà sorti un bloc note sur lequel elle avait commencé à poser quelques idées mais n’osai pas me pencher par-dessus son épaule pour les lire ; j’avais peur de violer son intimité, d’autant que nous ne nous connaissions pas vraiment. Comme je n’avais encore jamais vraiment travaillé avec d’Américains, je n’étais pas sure de savoir si j’étais sensée faire la conversation pour apprendre à se connaître ou commencer à travailler directement. Je finis par opter pour la seconde option, car c’était ce qui se faisait en Norvège.

- Je vois que tu as commencé à mettre quelques idées de côté. J’ai moi aussi exploré quelques axes de réflexion dans ma tête mais je ne suis pas certaine du plan à utiliser. Quant à ça (je désignai les livres d’un coup de tête), ça devrait nous aider à trouver des exemples de religions et de ce que les hommes ont été prêts à faire pour elle au cours de l’histoire. Mais avant qu’on ne commence, tu as peut-être déjà une idée sur la question. Je veux dire, pour toi, avons-nous besoin de religion ?


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MessageSujet: Re: ♪ Hated homework and the dirty looks | yelena & georgia   Sam 23 Juil - 0:54




Lorsqu'un claquement sec retentit dans mes oreilles, je sursautai brusquement. Une voix pressée marmonna quelque chose dans un langage qui ne m'était pas familier, mais j'étais trop occupée à tourner les pages de mon carnet de notes, où j'avais inscrit le nom de Xavier avec des petits coeurs sans m'en rendre compte, perdue dans ma rêverie, pour y prêter attention. Puis, la voix sembla s'adresser à moi, du moins, elle me parla en anglais, et je relevai alors le menton vers son ― plutôt sa ― propriétaire, prête à rembarrer quiconque viendrait me déranger. Je haussai un sourcil en toisant un long moment la jeune femme à la chevelure d'un roux flamboyant, puis ça me revint à l'esprit comme un élastique qu'on relâche et j'étampai un grand sourire sur mes lèvres. Je la suivis du regard tandis qu'elle prenait place sur la chaise libre à côté de moi. Elle ne semblait pas trop savoir quoi faire, alors je lui tendis une perche, du moins commençai-je, mais elle me coupa sans s'en rendre compte, semble-t-il :

« Salut, ça va b― »

J'haussai les sourcils, dis donc, elle était pressée de travailler celle-là! Je me collai un nouveau sourire aux lèvres, essayant de suivre son flot de paroles. Je ne compris que quelques mots, elle parlait un peu trop vite pour mon cerveau encore embrumé de ses effluves de romance, mais je captai qu'elle avait déjà quelques idées et qu'elle avait trouvé des livres qui pourraient nous aider. Je jetai un oeil sur les titres, mais mon esprit se mit à divaguer dès que je perdis ma concentration, alors je me redressai sur ma chaise, essayant de ne pas avoir l'air trop perdue, même si je l'étais complètement à vrai dire. Elle m'avait posé une question, mais c'était trop tôt pour moi pour commencer à travailler. Je l'ai donc laissé terminer sa phrase, puis j'ai fait un petit sourire amusé et j'ai doucement posé ma main sur son poignet en la regardant fixement, les sourcils levés. J'inspirai longuement, lui faisant signe de mon autre main de faire l'exercice avec moi. J'expirai ensuite l'air par le nez, et je recommençai deux fois de suite, puis je m'exclamai d'un ton enjoué :

« Tu charges toujours les gens comme ça quand tu les rencontres? (je m'esclaffai légèrement, puis repris toujours en souriant : ) Du calme, il n'y a pas le feu pour ce devoir. Merci pour les livres, mais je n'en aurai pas besoin. On regarderas tes axes de réflexion après, si tu veux. Et non, ce ne sont pas des idées couchées sur papier mais des notes de physique. Et avant de travailler, on va relaxer un peu. »

Je relâchai son poignet et me tournai pour appuyer mon dos dans ma chaise. Ouf! si elle était toujours pleine d'énergie et qu'elle parlait toujours aussi vite, je ne sais pas combien de temps je réussirais à rester souriante. D'habitude, j'aimais bien les gens motivés, mais là, ce devoir me tapait sur le système, principalement à cause du professeur à qui il faudrait le rendre. Songer à Xavier me fit un pincement au coeur, parce que je savais qu'il était rentré chez lui, qu'il était probablement en train d'embrasser furtivement sa femme et de dire salut à soin gosse, du même âge que moi à peu près, pour ensuite s'écraser devant la télévision et écouter une rediffusion du match de baseball d'hier. Maugréant à moitié, je refermai mon cahier de note et le propulsai d'un fouet du poignet plus loin la table. Il vint se heurter aux livres que Yelena avait posé plus tôt, et les titres attirèrent mon attention. Vikings? Le paganisme? Qu'est-ce que c'étaient que ces choses-là? Je jetai un bref coup d'oeil à Yelena, un sourcil haussé. Eh bah, je n'étais pas d'humeur très conviviale ce jour-là, mais elle avait réussit à enfoncer mon humeur un peu plus. Une sataniste qui brûle des églises et croit que seules la terre, l'air et la mer peuvent la punir? Bonjour l'asile! Je grinçai des dents, ayant encore plus l'envie de m'en aller d'ici, mais je pris sur moi et tournai légèrement mon visage vers elle pour lui lancer, un peu moqueuse :

« Les vikings, sérieusement? »

Je rigolai franchement cette fois, parce que je me disais qu'elle devait bien se foutre de moi à ramener des livres comme ça. Les Vikings ne sont que des barbares, des hommes sanguinaires sans foi ni loi. Au moins, ça avait eu le mérite de me faire rire, et ça m'a fait du bien. J'ai passé une main dans mes cheveux en reprenant lentement une respiration normale et régulière, gardant toutefois un petit sourire bien amusé au coin des lèvres. Elle était bien bonne!

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Yelena A. Nygård
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MessageSujet: Re: ♪ Hated homework and the dirty looks | yelena & georgia   Lun 25 Juil - 19:21

Ma première réaction, lorsque je sentis la main de Georgia se poser sur la mienne, fut d’effectuer un léger mouvement de recul. Sourcils froncés, je relevai les yeux vers son visage et m’adoucis lorsque je vis son expression amusée et souriante. Je pris une profonde inspiration et expirait à nouveau. Pas parce que j’entrais dans son jeu, mais parce que j’éprouvais réellement le besoin de me recomposer afin de ne pas me montrer agressive. Alors qu’elle me faisait remarquer mon attitude peut-être un peu trop directe et froide, je me fis la réflexion qu’elle avait de la chance d’être aussi charmante car ma réaction aurait été tout autre si elle n’avait pas eu ce joli minois. Si j’étais plutôt tactile avec mes amies et amantes, je faisais partie de ces personnes qui n’appréciaient pas les contacts physiques provenant de personnes que je connaissais à peine. Peut-être était-ce dû au fait que j’avais été élevée par des personnes réservées à l’extrême et pour qui la tendresse ne passait pas forcément par les caresses. Je sentis la colère passagère s’évanouir et un léger sourire parvint même à étirer mes lèvres alors que ma compagne me proposa de nous relaxer avant de commencer à travailler. Soit, c’était quelque chose que je pouvais faire. J’avais passé la matinée à courir d’une interview à l’autre et je n’étais pas contre le fait d’appuyer sur pause l’espace de quelques minutes.

« Désolée, je me suis laissée emporter. »

M’excusais-je sur un débit plus calme avant d’imiter Georgia en laissant mon dos reposer contre le dos de ma chaise. Comme je ne savais pas très bien ce qu’elle entendait par « se relaxer, » je restai silencieuse, attendant que ma compagne reprenne elle-même la parole lorsqu’elle le jugerait nécessaire. Je trouvais étonnant que ce soit elle, une Américaine, qui m’incite à me taire et apprécier le silence qui nous entourait. Depuis que j’étais à Los Angeles, j’avais remarqué que les gens d’ici ressentaient une sorte de malaise lorsqu’ils ne savaient plus comment alimenter la conversation. C’était étrange, ils préféraient combler en raconter d’inutiles détails de leur vie plutôt que de laisser le silence s’installer. A l’inverse, c’était ce genre de conversations futiles qui ne me plaisaient guère. J’aimais écouter le calme pesant s’abattre sur un groupe, et j’avais la sensation que cela rapprochait les personnes au lieu de les éloigner. Alors que ces pensées me traversaient l’esprit, je la regardais fixer ses yeux quasiment transparents au-devant d’elle, comme si elle se perdait dans les méandres de son esprit. La première chose qui me marqua à son sujet était qu’elle n’avait pas l’air en paix avec elle-même, comme si quelque chose la torturait de l’intérieur. Son geste nerveux lorsqu’elle fit glisser son cahier ne fit que confirmer cette sensation. Puis elle sembla reprendre le contact avec la réalité et ses yeux se fixèrent sur mon visage. Je fus surprise de voir que ses expressions avaient perdu l’aspect convivial qu’elles renfermaient quelques minutes plus tôt. Son corps paraissait plus tendu alors qu’elle reprit la parole. Je fronçais les sourcils en comprenant que la raison de ce changement avait un rapport avec les livres que j’avais amené.

« Oui, sérieusement. »

Répondis-je plus sèchement que je ne l’aurai voulu. Je n’étais pas certaine d’apprécier le ton moqueur qu’elle avait pris en me posant la question. Elle éclata de rire, et je me demandai bien pourquoi. J’ignorais ce qui lui traversait l’esprit et les raisons de son hilarité mais j’espérais sincèrement qu’elle ne me ferait pas remarquer qu’il s’agissait d’une civilisation morte et enterrée. Je savais douloureusement que c’était le cas, et que rares étaient les Nordiques qui respectaient encore les croyances de leurs ancêtres. Nous étions quasiment éteints, et ce par la faute de la religion chrétienne, qui s’était vicieusement insinué dans les pays du nord au cours du moyen âge. J’éprouvais une haine difficilement explicable pour ces prêtes d’Europe centrale qui s’étaient mis en tête de « purifier » les croyances de mon pays en nous apportant leur Dieu unique. Qui avaient exterminé nombre de nos ancêtres et fait régné la terreur pour que les mères baptisent leurs enfants et que les pères renoncent à leurs racines. Je les dédaignais d’autant plus que l’histoire avait prouvé qu’il s’agissait d’une technique pour que faire cesser les attaques vikings. J’avais conscience du fait que ces guerriers avaient mis à feu et à sang l’Europe, pillant les récoltes et massacrant les populations. Ils méritaient leur nom de barbares. Mais méritaient-ils pour autant de voir leur héritage culturel réduit à néant ? J’estimais que les dirigeants d’Europe centrale avaient agi avec lâcheté et soif de pouvoir. J’étais écœurée par leur lâcheté et atterrée par la force des convictions et par les horreurs que l’humanité est capable de faire au nom de la religion. Cela avait toujours été le meilleur prétexte aux plus grands massacres de l’humanité et remontait bien avant les attentats Islamistes. La bible, à mes yeux, n’était autre que le récit barbare d’une histoire écrite avec le sang des hommes. Bien évidemment, j’avais conscience du fait que ces pensées n’étaient pas politiquement correctes et que je ne pouvais pas les utiliser dans un devoir sans les tempérer, mais il s’agissait de fait qu’il nous fallait garder à l’esprit. Je pris une légère inspiration.

« La fin de l’ère viking est typiquement le genre d’exemple dont on peut se servir pour prouver la force des religions. En l’occurrence de la religion chrétienne catholique, qui est venue remplacer petit à petit les mœurs et coutumes païennes du nord de l’Europe. En fait, au cours des siècles, les chrétiens ont planté un pieux dans toutes les religions polythéistes d’Europe et causé la fin des plus grandes puissances politiques : l’Empire Roman, la démocratie Grecque, la civilisation Viking… »

Expliquais-je tout en tachant de cacher mon dédain pour cette religion que j’avais peine à voir autrement que de la vermine pullulante.

« J’ai pensé qu’on pourrait se servir de faits historique pour prouver que sous tout temps, les êtres humains ont eu besoin de suivre une forme de religion. Et qu’ils étaient prêts à mourir pour elle, ou à mourir par elle. »

Repris-je d’un ton égal. Puis, une pensée me traversa l’esprit et je fronçai brièvement les sourcils avant de me corriger.

« Enfin ce n’est pas tout à fait exact. La réalité c’est que les hommes sont prêts à mourir pour leurs idéaux. Disons que la religion est la façon la plus massive de rassembler une population autour d’un but commun. »

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MessageSujet: Re: ♪ Hated homework and the dirty looks | yelena & georgia   Sam 30 Juil - 18:40




Son mouvement de recul ne passa pas inaperçu et je me fis une note mentale de lui demander de quoi elle avait eu peur, tandis que je la regardais, évitant son regard comme à mon habitude, en lui disant de manière amusée que je préférais me relaxer avant de commencer. Au moins, elle a eu la décence de s'excuser, me suis-je dis lorsqu'elle le fit, ne mettant ensuite que quelques secondes à s'appuyer contre le dossier de sa chaise à son tour. Pourtant, je n'arrivais pas à me détendre, j'avais les pensées encore trop occupées par Xavier et ça me frustrait. Je jetai donc mon cahier de note un peu plus brusquement que prévu, à l'autre bout de la table. J'avais envie de l'appeler, juste pour entendre sa voix. Pour le déranger. Pour lui dire que c'était fini entre nous. Pour le traiter de nom. Pour lui demander si je lui manquais. Pour m'assurer qu'il m'aimait encore. Pour fixer notre prochain rendez-vous. Pour l'envoyer chier. J'allais porter mes doigts à mes tempes, sentant la migraine venir, quand mon regard à moitié clos accrocha les titres des livres qu'elle avait laissés tombé sur la table précédemment. Je lui jetai un regard en coin, et me moquai ouvertement de ce qu'elle venait de ramener, mais son ton sec me pris par surprise. Je me redressai dans ma chaise, serrant les dents en sentant l'irritation monter en moi. Sa réponse claqua comme un fouet et je la dévisageai un instant, avant d'éclater de rire tout bas. Dès que j'eus arrêté de rire, elle reprit la parole et aussitôt, je sentis l'agacement me gagner. Une miss je sais tout, en plus? Je grinçais des dents, n'essayant même pas de cacher mon ennui face à ses explications : ça ne m'intéressait pas ces légendes barbares. Par contre, quand elle attaqua la religion catholique, en disant qu'elle avait détruit toutes les plus grandes puissances polythéistes, je fus piquée à vif. M'appuyant sur les bras de la chaise, je me tournai légèrement vers elle, mes yeux plissés de suspicion à mesure qu'elle continuait de parler, enfonçant encore plus les catholiques. C'était facile d'entendre sa répugnance envers ma religion dans ses mots, mais quand elle sauta directement au devoir, j'ouvris de grands yeux et j'allais parler, mais elle fronça les sourcils et se repris elle-même.

Je soupirai, fatiguée de l'entendre parler comme ça, même si d'habitude ça me plaisait bien d'être avec quelqu'un, là, un amalgame de petites choses rendaient ce devoir très pénible pour moi. Et en plus, Yelena insultait ma religion. Peut-être que je n'étais pas promu au paradis, pas du tout même, mais je croyais fermement que dans un monde aussi sale et cruel, il y avait un Dieu, bon et aimant, qui rendait la vie moins dure à supporter, par des petites choses. Pour moi, ça pouvait être le fait que j'avais de la facilité dans mes cours, ou bien que malgré mes problèmes de couple, Xavier trouvait toujours le moyen de me réconforter, et de me prouver à quel point il m'aimait. J'inspirai donc longuement, et je me lançai à mon tour, mettant un terme à ses insultes :

« La religion catholique n'a pas détruit tes « puissances » elle a évangélisé des âmes perdues, afin qu'à l'heure de leur mort, elles puissent se retrouver dans un endroit meilleur. Les religions polythéistes incitent au chaos ; qui pourrait rêver d'un paradis quand les seuls Dieux qui peuvent vous accueillir sont la terre, l'air, la mer, des éléments de la nature, rien qui soit irréel, qui donne de l'espoir? Personne. Le catholicisme a bien fait d'enrayer ces polythéistes en leur montrant la bonne voie, autrement, le monde serait bien pire que présentement. Imaginer un monde où il y a plusieurs divinités ne m'inspire nullement confiance. Nous sommes bien mieux dans un monde monothéiste, peu importe le Dieu que tu pries, n'en prie qu'un seul par pitié! Comprends-moi bien, je ne suis peut-être pas pratiquante et j'ai toutes les raisons d'aller en enfer, mais s'il n'y a pas de paradis, à quoi sert de vivre? C'est ça que le catholicisme offre à ses croyants : l'espoir. Le polythéisme n'apporte que la désorganisation, et les Vikings en sont la plus belle preuve : barbares, sanguinaires, ils ont détruits des villages entiers au nom d'une divinité de la guerre, ils ont pillés, tués, violés et kidnappés des centaines de pauvres gens sous le nom d'un autre Dieu. Ils n'apportaient que chaos et douleur où ils passaient, et même entre eux, ils n'étaient pas mieux. Je suis pas une experte comme toi à ce sujet, mais je sais ce que je dis : on est bien mieux qu'avec un seul Dieu, ça fait moins de chicane dans le ciel et ça fait moins de conflit sur Terre. »

Je repris mon souffle et croisai son regard une demi-seconde. Mon coeur battait la chamade, comme chaque fois que j'essayais de contrôler mes émotions pour m'exprimer. Heureusement, j'avais réussi ce coup-ci. Cependant, je n'avais pas terminé, alors je pris une nouvelle inspiration et recommençai, dardant mes prunelles vertes sur son visage, sautant de son nez à ses lèvres pleines, d'entre ses yeux à sa joue gauche, tout sauf de la regarder dans les yeux :

« Au moins, je suis d'accord sur les faits historiques, mais pas question que tes Vikings fassent partis d'une religion. C'étaient des sauvages qui se servaient d'une pseudo-religion pour semer la terreur. Et les hommes ne sont pas pieux seulement parce que ça représente des idéaux. Les hommes vont croire à une religion parce qu'ils ont besoin fondamental d'être dirigés, quitte à ce que ça soit par une forme invisible d'autorité supérieure. Je crois en Dieu parce que sans lui, le monde serait bien trop horrible. Il a une façon bien à Lui de nous rappeler que la vie... »

Mon esprit s'égara sur le visage de Xavier et je dus me ressaisir pour ne pas arrêter de parler dès cet instant. Je fronçai les sourcils, mon regard divaguant sur ma main fermée en poing sur ma cuisse, cherchant quelque chose à laquelle me raccrocher pour me ramener à la réalité. Je sentis ma gorge se serrer et mes yeux piquer de larmes, mais je pris une profonde inspiration et terminai, la mâchoire tendue :

« Que la vie vaut la peine d'être vécue, ne serait-ce que pour ses petites choses simples qui nous rendent heureux et contents. »

Je divaguais du sujet de notre devoir, je le savais, mais je ne pouvais pas m'empêcher de réaliser, encore une fois, que j'aimais Xavier, peu importe ce qui arrivait entre nous, je l'aimais de toute mon âme et c'était plutôt troublant à avoir comme révélation, en plein milieu d'une bibliothèque universitaire. Je soupirai, mon corps entier se détendant sous le soulagement de cette pensée qui s'imposait à moii en même temps que la première : il m'aimait aussi, quoi qu'il fasse ou qu'il dise, il partageait mes sentiments. Je relevai les yeux vers Yelena et me forçai pour faire un lien avec la question qui nous avait été posée :

« La force des religions tient au besoin de l'homme d'avoir un chef, et un seul, pour ne pas devenir un animal, pour moi ça n'a rien à voir avec des idéaux. »

Je soupirai, contente d'avoir réussir à me ressaisir. De quoi aurais-je eu l'air si j'avais sauté de ma chaise comme si on venait de m'électrocuter pour sortir en courant de la bibliothèque, comme j'avais eu envie de faire en premier? D'une folle, assurément, et j'avais déjà assez de difficulté avec moi-même pour ne pas amener les autres à penser la même chose que moi en me voyant : je suis fichue. Je relevai le menton et haussai un sourcil, interrogeant silencieusement ma coéquipière pour voir ce qu'elle allait répondre.

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Yelena A. Nygård
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MessageSujet: Re: ♪ Hated homework and the dirty looks | yelena & georgia   Mar 2 Aoû - 16:24

Dès que Georgia reprit la parole, je sentis qu’elle avait pris de façon bien trop personnelle les faits que je venais d’exposer. Je me sentis personnellement agressée lorsqu’elle commença d’emblée en protestant que la religion catholique n’avait pas détruit « mes » puissances, comme si elle représentait le côté chrétien et moi tous les barbares sanguinaires du passé. Je pinçai les lèvres et gardais la tête droite, un éclair de fureur brûlant dans mes yeux clairs alors qu’elle continuait avec une agressivité qui me surprenait autant qu’elle me déstabilisait. Dans ma Norvège civilisée, deux personnes pouvaient discuter calmement tout en étant en désaccord. Cela ne menait pas forcément à une rupture et chacun gardait un ton neutre en échangeant des idées sans essayer de convaincre l’autre de sa bonne parole. Ici, face à cette petite brune furibonde, j’avais l’impression d’être en guerre. Une guerre que personne ne pourrait gagner, car lorsqu’il s’agit de religion ou de politique, les êtres humains n’acceptent pas de changer d’avis. Je trouvais d’ailleurs hypocrite cette façon qu’elle avait de traiter mes ancêtres de barbares alors qu’elle-même me sautait à la gorge avec ses arguments, sa façon de penser qui ne pouvait pas être plus éloignée de la mienne. Je me sentais comme sur un ring, à me prendre des baffes de façon perpétuelle, et c’était une situation que j’étais loin d’apprécier. Je gardai néanmoins les dents serrées, attendant qu’elle ait fini son long monologue pour pouvoir reprendre la parole. J’avais une furieuse envie de lui enfoncer une bible dans la gorge pour faire cesser ce flot de parole avant de la planter là mes deux choses m’en empêchèrent : premièrement, je n’avais aucune envie de suivre les pas de mon père en prison, et deuxièmement, j’avais besoin de cette petite prétentieuse pour rédiger ce fichu devoir. Je rongeai donc mon frein alors que j’écoutais le flot d’âneries qui coulait hors de ses lèvres, frémissant lorsqu’elle laissait entendre que les chrétiens avaient « sauvé » les âmes de mes ancêtres en leur offrant le paradis, grinçant des dents alors qu’elle parlait de ma religion avec une hargne aussi vile que mesquine. Je crois que ce qui m’énervait le plus était de l’entendre parler d’une chose qu’elle ne comprenait pas et dont elle ne savait absolument rien avec des mots aussi durs. J’aurais pu lui parler des heures durant des légendes de mes ancêtres, de Valhalla, la terre promise à nos héros de bataille et qui s’apparentait au Paradis des Chrétiens, d’Odin, notre père à l’œil unique, qui nous appelait à notre mort et nous ouvrait le grand portail de sa demeure. J’aurai pu lui faire comprendre que son Dieu n’est pas la seule conception possible d’une religion, mais je savais qu’elle n’en aurait probablement rien à cirer, et qu’elle resterait là à m’écouter en silence, un sourire moqueur sur ses lèvres bien trop jolies pour proférer de telles paroles. Malgré toute ma bonne volonté de ne pas l’interrompre, je ne pus m’empêcher de secouer légèrement la tête lorsqu’elle me dit que sans Paradis, il ne servait à rien de vivre. La religion comme Opium du peuple, comme masque à une réalité trop cruelle : notre passage sur terre est aussi bref qu’inutile aux autres espèces. La religion catholique comme havre de paix en opposition à toutes les autres religions synonymes de chaos et de douleurs.

Après ces dernières paroles, preuve pour moi de son ignorance totale des civilisations Européennes, je crus que Georgia avait fini de parler. Je pris quelques secondes pour rassembler mes arguments et ouvrit la bouche mais elle me coupa en reprenant. Soit, j’attendrais. Elle braqua ses beaux yeux clairs sur mon visage mais je trouvai étonnante cette façon qu’elle avait d’éviter mon regard. Mon père m’avait toujours mise en garde contre les personnes qui ne regardaient pas dans les yeux, d’après lui, cela démontrait un manque de franchise et de conviction. Moi, je pensais qu’il s’agissait simplement de timidité ou de lâcheté. Et en voyant la façon dont Georgia exposait ses arguments, je votais plutôt pour la première option. Je me re-concentrais sur ses paroles et me fis à nouveau gifler par un « tes Vikings » que la jolie brune me cracha en pleine face. J’avais l’impression de parler à une gamine de 8 ans qui vivait encore dans un monde manichéen de gentils et de méchants. D’un autre côté, je savais que les Chrétiens manquaient désespérément de recul. C’était justement pour cette raison qu’ils tentaient d’enfoncer leur religion dans la gorge de tout ce qu’ils pouvaient trouver, avec la ferme intention de sauver toutes les « brebis égarées. » J’étais piquée au vif, irritée par tant de haine dans ses paroles, prête à la clouer au mur dès qu’elle aurait finit son argumentaire, puis j’eus le sentiment qu’elle s’égarait du sujet. Elle se mit à parler des petites choses de la vie, et je me radoucis instantanément. J’avais vu comme un éclair de détresse dans ses yeux, un tremblement dans sa voix, et j’eus l’impression que ce n’était pas lié au sujet. Peut-être traversait-elle une mauvaise passe qui la rendait particulièrement sensible à certains sujets. Enfin, elle arrêta de parler. Je la dévisageai un long moment, je ne sais pas trop combien de temps, avant de reprendre la parole, d’un ton calme et de mon accent toujours aussi chantant – et toujours aussi irritant à mes oreilles.

« Je ne suis absolument pas convaincue par tes arguments, et encore moins en accord avec ta façon de penser, mais c’est ton point de vue et je le respecte. Comme j’aimerais que tu respectes le mien. »

Dis-je d’un ton calme. Je dardai mes yeux sur son visage, penchant légèrement la tête pour chercher son regard. Je levai la main pour lui signifier que je n’avais pas encore fini et repris :

« J’aimerais aussi que tu ne parles pas avec autant de haine et de mépris d’une culture que tu ne connais pas et que tu es loin de comprendre. Je pourrais te parler des heures de la civilisation Vikings mais je doute que ça t’intéresses. Tâches de te souvenir qu’il y a toujours deux versions à une même histoire. Tous les peuples, de tous les temps, ont commis d’horribles massacres, et ça vaut aussi pour les Chrétiens, je suppose que tu as entendu parler des massacres entre catholique et protestants qui ont mis l’Europe à feu et à sang ? »

J’avais tellement d’autres exemples, mais je n’avais pas envie de rentrer dans ce petit jeu puéril avec elle, d’autant que ça ne nous mènerait nulle part.

« Je n’ai aucune envie qu’on débatte infiniment pour savoir qui à tort et qui a raison parce que dans le fond nous ne pourrons jamais en avoir le cœur net avant de crever et de nous retrouver en enfer, au paradis, ou dans n’importe quel autre endroit. Tu as tes croyances, et j’ai les miennes, mais je ne te laisserais pas laisser ce foutu devoir tourner uniquement autour d’une seule et même religion. Il y a tellement d’individus sur terre et tellement de personnalités différentes, comment peux-tu même t’imaginer qu’il n’y ait qu’une seule façon valable de trouver le salut auprès d’une divinité et dans la religion ? »

Peut-être étais-ce le fait d’avoir été élevée en autarcie mais j’avais une profonde haine pour le phénomène « comme tout le monde. » J’aimais les personnalités différentes et excentriques, les hommes et les femmes qui n’avaient pas peur de s’habiller et de se comporter selon leurs propres codes, qui suivaient leur chemin loin des sentiers battus. J’étais pour la liberté individuelle de penser, d’aimer, d’agir et de croire en quelque Dieu que ce soit. Mais pour en revenir à notre fameux devoir :

« Le seul point que j’essayais de marquer en parlant des Vikings était que de tous temps, les hommes ont eu besoin de religion. Et qu’au nom de la religion, des hommes ont fait des kilomètres pour rallier d’autres civilisations à leur cause. Pour les Evangéliser, les purifier, selon toi. Leur croyance devait être profonde et intense. Pourtant, il n’ont pas convaincu tout le monde, et les Vikings ont été prêts à mourir au nom de leur propre Dieu. Là est toute la puissance de la religion. Depuis la nuit des temps, quelque soit la religion, l’homme est prêt à sacrifier pour elle ce qu’il a de plus cher : la vie. »


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